Pénurie médicale dans certaines zones de Flandre

Dans plus de la moitié des communes flamandes, on observe une pénurie de médecins généralistes. L’Agence flamande des Soins de santé mentionne 183 communes et villes sur 308 concernées, parmi lesquelles Anvers, Gand, Malines et Bruges. Le ministre flamand de la Santé, Jo Vandeurzen (CD&V), annonce une étude pour faire évaluer l’efficacité de la prime d’encouragement. La pénurie a en effet augmenté au cours des deux dernières années, au lieu de diminuer.

Un territoire est réputé pauvre en médecins généralistes s'il en compte moins de 9 pour 10.000 habitants, ou moins de 12 dans des régions plus faiblement peuplées mais dans lesquelles les distances sont plus importantes.

Les médecins qui ouvrent un cabinet ont droit à un prêt sans intérêt de 15.000 euros, couvrant les coûts d'installation, mais également à une prime Impulseo de 20.000 euros s'ils s'installent dans une zone prioritaire. La politique de répartition des zones est de compétence régionale depuis la dernière réforme de l'Etat.

L'étude commandée par le ministre Jo Vandeurzen (photo) doit permettre d'examiner si ce système de soutien ne doit pas être revu. On constate que la simple prime d'encouragement ne suffit pas. "Des gardes bien organisées et des pratiques de groupe sont souvent bien plus efficaces qu'une prime d'installation", observe le cabinet du ministre de la Santé.

Primes ou pratiques de groupe ?

Les syndicats de médecins généralistes sont sur la même longueur d'ondes. Ils soulignent que les nouvelles générations ont fait évoluer la pratique, accordant plus d'intérêt à une meilleure combinaison entre vie privée et professionnelle. Il est nécessaire d'alléger certaines tâches. Du personnel infirmier et d'accompagnement pourrait prendre en charge une partie des tâches aujourd'hui dévolues aux médecins, estiment-ils.

D’après le syndicat flamand Domus Medica, 80% des jeunes médecins généralistes s'installent dans des zones Impulseo. Leur interdire une installation dans d'autres zones serait contreproductif, car celles-ci sont généralement occupées par des médecins âgés qu'il faudra un jour remplacer.

De son côté, la ministre fédérale des Affaires sociales et de la Santé, Maggie De Block (photo), estime avoir pris suffisamment d'initiatives pour valoriser la médecine générale. Elle souligne également que le nombre de médecins généralistes actifs est resté relativement stable au cours des dernières années, à savoir environ 12.500 pour toute la Belgique. D’autre part, les étudiants en médecine seraient actuellement de plus en plus nombreux à choisir la formation en médecine générale.