Le cousin des frères El Bakraoui recherché en Belgique

Huit perquisitions menées dans la nuit de jeudi à vendredi, dans les communes bruxelloises de Laeken, Evere et Anderlecht, avaient pour cible Oussama Atar (photo), un combattant en Syrie qui pourrait être rentré en Belgique et que le parquet fédéral qualifie de "dangereux". Ce Belge d’origine marocaine est le cousin des frères El Bakraoui, deux des auteurs des attentats du 22 mars dans le hall des départs de l’aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek à Bruxelles. Il aurait aussi des liens avec l'un des hommes forts de l'Etat islamique.

Huit perquisitions (six à Laeken, une à Evere et une à Anderlecht) avaient été menées à Bruxelles dans la nuit de jeudi à vendredi dans le cadre d'un dossier de terrorisme. Aucune arme et aucun explosif n'avaient été trouvés, mais trois personnes avaient été emmenées pour audition. Elles ont été libérées vendredi soir, a confirmé le porte-parole du parquet fédéral Eric Van der Sypt.

Ces perquisitions concernaient le dossier d'un combattant probablement revenu de Syrie, considéré par le parquet comme du type "dangereux". Il n'y aurait cependant pas d'indications directe sur une attaque.

Les journaux de Sudpresse et Het Nieuwsblad rapportent ce samedi que l’homme recherché par les enquêteurs est Oussama Atar, cousin des frères Khalid et Ibrahim El Bakraoui (photo), deux auteurs des attentats-kamikaze du 22 mars à l'aéroport de Zaventem et à la station de métro Maelbeek. Tous deux décédés.

Deux autres de ses cousins sont en prison depuis la fin juin, soupçonnés d'avoir planifié un attentat sur une zone pour les supporters des Diables rouges située à proximité de la gare du Nord à Bruxelles.

Combattant de la première heure

Oussama Atar a un passé djihadiste qui remonte au début des années 2000. Selon les informations obtenues par la VRT, il a notamment séjourné en Irak, dès 2003. Arrêté pour trafic d’armes, il a été emprisonné par les Américains en 2005. A l'époque, il aurait déjà été soupçonné de terrorisme.

En prison, il partagea pendant des années la cellule d'Abu Bakr al-Baghdadi, devenu plus tard le leader du groupe terroriste Etat islamique. Condamné à 10 ans d'emprisonnement, Atar était finalement libéré en 2010 (photo ci-dessous) après des actions menées par sa famille - pour qu'il puisse se faire hospitaliser en Belgique -, conduisant à une action diplomatique du gouvernement belge.

Oussama Atar rentrait en Belgique, avant de disparaître en Syrie. Il a été placé pendant un certain temps sur la liste de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace en 2012, avant d'en être retiré. Après les attentats du 22 mars dernier, l'Ocam le remettait immédiatement sur sa liste de suspects de terrorisme. 

La justice belge - mais aussi d'autres pays - craint maintenant qu’il soit rentré en Belgique. Elle ordonnait donc les huit perquisitions à Bruxelles. La mère d’Atar, sa sœur et un homme y étaient interpellés, ont été entendus, puis libérés vendredi soir.

Oussama Atar n’a pas été trouvé. Il est surtout recherché frénétiquement en raison de ses liens avec l'Etat islamique et de sa possible implication dans les attentats du 22 mars.