La romancière franco-belge Mallet-Joris est décédée

Fille du ministre libéral anversois Albert Lilar et de la romancière gantoise de langue française Suzanne Verbist, Françoise Mallet-Joris était née à Anvers en 1930. Connue notamment pour ses œuvres "Rempart des Béguines" ou "La maison de papier", l’écrivaine féministe est décédée à 86 ans à Bry-sur-Marne en France (photo de 1970). Elle avait fait partie de l’Académie Goncourt et était membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Après des études à la Sorbonne, Françoise Mallet-Joris vécut en alternance à Paris et Bruxelles. A la suite de son premier mariage avec l’auteur français Robert Amadou, elle obtint également la nationalité française.

La romancière qui avait reçu le Prix Fémina pour "L'empire céleste" en 1958 était membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique depuis 1993. Admiratrice de Colette, Françoise Mallet-Joris a notamment écrit des récits autobiographiques comme "Lettre à moi-même", "La maison de papier", un de ses grands succès, sur ses démêlés familiaux et domestiques, ou "La double confidence", autour de sa mère gantoise.

Elue en 1971 à l'Académie Goncourt, qui décernait chaque année le célèbre prix littéraire éponyme. Elle en fut membre jusqu'en 2011. "Françoise avait vraiment une sensibilité qui a beaucoup compté pour influencer les choix des académiciens (du Goncourt), les inciter à lire des livres vers lesquels ils ne seraient pas allés spontanément", s'est souvenu le romancier et journaliste Pierre Assouline, qui a succédé à Mallet-Joris à l’Académie Goncourt.

Mariée trois fois, cette grande fumeuse aux yeux bleux et aux cheveux blonds a eu quatre enfants. Elle avait bousculé le milieu littéraire en se passionnant pour la chanson de variétés et le show-business, écrivant notamment des textes comme "La Parisienne" (1976) pour la chanteuse Marie-Paule Belle, avec laquelle elle a longtemps vécu. "Je lui dois tout... Je suis née une deuxième fois grâce à elle. Je ressens une peine immense", a confié, en sanglots, son ancienne compagne à la suite de son décès.

Féministe, Françoise Mallet-Joris "a eu une grande audience notamment chez les femmes mais pas que chez les femmes", a souligné Pierre Assouline. "Ce n'était pas qu'une romancière pour femmes, contrairement à ce que l'on a pu dire en raison de ses engagements féministes", a-t-il ajouté.