Les étudiants réclament leurs numéros Inami à De Block

Plusieurs dizaines d’étudiants francophones se sont rassemblés ce jeudi matin devant le cabinet de la ministre fédérale de la Santé (photo), Maggie De Block (Open VLD), pour réclamer l’attribution d’un numéro Inami à l’ensemble des étudiants engagés dans des études de médecine. Ils critiquent notamment l’examen d’admission aux études de médecine et les quotas fédéraux.

Les représentants de l'Unécof (Union des étudiants de la communauté française), du CIUM (Comité interuniversitaire des étudiants en médecine) et de la Fédé (Conseil des étudiants de l'ULg) ont été reçus par le cabinet de la ministre. "Ceci n'est pas un concours", "Ina(d)missible" ou encore "Médecins Sans Inami" y ont brandi une cinquantaine d'étudiants en médecine, présents pour faire entendre leur voix à la ministre.

Les étudiants ont trois revendications. La première est une révision actualisée du cadastre de l'offre médicale. Ensuite, ils demandent que tous les surnuméraires qui bénéficient cette année "d'un accès surprise" à la 2e bachelier aient un numéro Inami. Ils exigent enfin que tous les étudiants engagés dans des études de médecine reçoivent un numéro Inami.

Vendredi, le Conseil d'Etat avait jugé que les quotas fédéraux pour 2021 décidés par la ministre de la Santé Maggie De Block (photo) étaient illégaux parce qu'ils ne reposaient pas sur des données précises. Une politique de limitation des numéros Inami, indispensables pour pratiquer la médecine, est mise en place depuis la fin des années 1990.

Problème: davantage d'étudiants sont diplômés chaque année que de numéros disponibles. On pioche dès lors dans ceux prévus pour les années suivantes. Pour mettre un terme à ce système, en 2015, la ministre de la Santé et Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Enseignement supérieur pour la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ont conclu un accord: la première libère des numéros Inami supplémentaires si le second met en place un filtre efficace en FWB. C'est ce filtre que le Conseil d'Etat a invalidé, remettant en cause l'obtention de numéros Inami pour tous les étudiants francophones.

Les étudiants soulignent qu'il s'agit bien des quotas fédéraux mis en place par Maggie De Block qui ont été jugé illégaux par le Conseil d'Etat et non le concours en lui-même. "La ministre ne peut plus se cacher derrière Jean-Claude Marcourt, elle doit enfin prendre ses responsabilités", affirme Quentin Lamelyn, président du CIUM.

L'idéal pour les trois associations serait toutefois de supprimer les quotas, certaines spécialités comme la médecine généraliste, étant en pénurie. "Le problème est qu'on va stopper des étudiants motivés et formés aux frais du contribuable alors qu'on a un besoin de médecins. Donc ce qu'on fait, c'est aller chercher des médecins à l'étranger qu'on sous-paie. C'est du dumping social", dénonce Quentin Lamelyn.