La médication des seniors pas toujours idéale

Environ 40% des personnes âgées de 80 ans et plus qui vivent encore de façon autonome à la maison en Belgique se voient prescrire trop peu de médicaments ou pas une médication réellement adaptée. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Maarten Wauters de l’Université de Gand, en collaboration avec des chercheurs de l’Université de Louvain-la-Neuve (UCL). L’information est rapportée ce vendredi par le quotidien De Morgen.
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Les chercheurs ont analysé le traitement médicamenteux de 503 seniors actifs âgés d'environ 80 ans, qui ne se trouvent pas en maison de repos. Ils ont comparé ces données avec le nombre de décès et d'hospitalisations durant une période de 18 mois.

"Nous avons remarqué une sous-utilisation de la médication chez les seniors", commente le chercheur Maarten Wauters. "Et 70% d'entre eux ne se voient pas prescrire le traitement dont ils ont besoin."

Dans quatre cas sur dix, il s'agit d'une combinaison entre trop peu de médicaments et un traitement non optimal. "Or, nous avons constaté que pour chaque médicament non ingéré, le risque de décès augmente de 39%."

Il ressort également de l’étude qu'un quart des seniors de 80 ans et plus (photo archives) qui sont atteints d'une insuffisance cardiaque ne reçoivent pas le bon traitement. Et un quart des seniors avec une maladie cardiaque n'ont pas de prescription pour des anticoagulants.

Maarten Wauters reconnait qu’il n’est pas facile de prescrire des médicaments sur mesure pour les seniors en gardant un bon équilibre. "Les généralistes peuvent hésiter à prescrire encore davantage de médicaments à des personnes qui souffrent de plusieurs maux et prennent donc déjà beaucoup de médicaments". A cela s’ajoute le fait que les médicaments sont en général testés sur des personnes plus jeunes.

L’enquête menée par les deux universités a également révélé que les seniors prennent souvent trop de somnifères. Ce phénomène avait déjà été constaté dans certaines maisons de repos.