Les Belgian Tornados passent à 3/100es du bronze

La Belgique a pris la quatrième place de la finale du relais 4x400m, qui clôturait les épreuves d’athlétisme, samedi soir à Rio de Janeiro. Grosse déception pour les frères Jonathan, Dylan et Kevin Borlée et Julien Watrin, qui ont donc vu la médaille de bronze leur échapper de 3 centièmes de seconde, derrière les Bahamas. Ils ont pourtant couru en 2:58.52, ce qui constitue un nouveau record de Belgique, après celui qu’ils avaient réalisé en séries (2:59.25), la veille. Les Etats-Unis ont remporté la médaille d’or, devant la Jamaïque et les Bahamas. Pas de 7e médaille olympique pour la Belgique, mais les Belgian Tornados peuvent être extrêmement fiers de leur prestation dans cette épreuve.

Alignés dans le même ordre qu'en séries, Julien Watrin, Jonathan, Dylan et Kevin Borlée ont couru en 2:58.52 le relais des 4x400m, ce qui constitue un nouveau record de Belgique. Ils échouent à 3 centièmes de seconde de la troisième marche du podium. Les Américains, champions du monde en titre, se sont imposés en 2:57.30 devant la Jamaïque (2:58.16) et les Bahamas (2:58.49), champions olympiques à Londres en 2012.

Les Belgian Tornados ont amélioré le record de Belgique qu'ils avaient battu une première fois vendredi en séries (2:59.25). Ils avaient alors effacé des tablettes le record de Belgique qui datait des Mondiaux de Pékin l'an dernier (2:59.28).

Samedi soir, Julien Watrin a pris le premier le départ et a couru un peu plus lentement que la veille en séries. Il a tendu le relais à Jonathan Borlée (photo) en dernier, mais le premier des jumeaux est parvenu rattraper le peloton de tête formé par les Etats-Unis, le Botswana, la Jamaïque et les Bahamas. Son frère cadet Dylan a pu prendre son envolée à la quatrième place.

Il a bien tenu tête, mais a dû céder une place aux Bahamas. Lorsque Kevin (photo ci-dessus) a repris le relais, il était donc en cinquième position et semblait ne plus avoir de chance de médaille. Mais dans un effort surhumain, le deuxième jumeau est parvenu à dépasser le Botswana et semblait prêt à ravir la médaille de bronze aux Bahamas.

Il n’a manqué que 3 centièmes de secondes. Avec un temps de 43’’67, Kevin Borlée réalisait en finale le deuxième meilleur temps de tous les coureurs du relais.

Meilleur résultat des Belgian Tornados

Les relayeurs belges ont signé leur meilleur résultat aux Jeux Olympiques. Ils étaient cinquièmes des Jeux de Pékin en 2008 et sixièmes quatre ans plus tard à Londres. Ils s'étaient classés quatrièmes des Mondiaux de Berlin en 2009 et cinquièmes des Mondiaux de Daegu en 2011, de Moscou en 2013 et de Pékin en 2015.

Les coureurs de l’entraineur Jacques Borlée avaient décroché la médaille d'argent des Mondiaux en salle de Doha et le bronze de l'Euro de Barcelone en 2010. En bronze à l'Euro indoor de Paris en 2011 et en or à l'Euro en salle en 2015, ils ont été champions d'Europe en 2012 à Helsinki et cette année à Amsterdam. Ils ont aussi pris le bronze aux World Relays de Nassau en 2015.

Le bilan des Belges aux Jeux de Rio est toujours de six médailles, après l'or de Greg Van Avermaet dans la course sur route en cyclisme et de Nafissatou Thiam à l'heptathlon, les médailles d'argent de Pieter Timmers sur le 100m nage libre et des Red Lions en hockey, le bronze de Dirk Van Tichelt en judo (-73kg) et le bronze de Jolien D'hoore en cyclisme sur piste (omnium dames).

"C’est rien du tout, mais la différence est énorme"

"On a tout donné. Cela a été très très très vite. Au final, on bat notre record. On finit à 3/100es (du podium). C'est dur à digérer. C'est le sport. Je me suis jeté sur la ligne en pensant que cela allait passer", a déclaré Kevin Borlée le dernier relayeur qui a de nouveau effectué un dernier tour de piste d'anthologie (chronométré en 43.67, 2e chrono absolu derrière les 43.60 du Cubain Yoandys Lescay) pour échouer à 3/100es du Bahaméen Chris Brown qui en comptait 56 d'avance au moment de prendre son relais.

Les Tornados avaient été crédités du troisième temps des séries, vendredi, grâce à leurs 2:59.25, déjà un record national, après les déclassements de la Grande-Bretagne (2:58.88), pour passage du relais hors de la zone autorisée lors de la même série que la Belgique, et de Trinité et Tobago (2:58.84), pour avoir empiété sur un autre couloir sans la première série. "On y croyait tous de pouvoir monter sur le podium" a reconnu Dylan Borlée, "Et on y a cru jusqu'au bout", a confirmé Jonathan Borlée.

"La course est partie beaucoup plus vite qu'en séries et moi aussi. Je l'ai payé en fin de course" a reconnu Julien Watrin (8e temps du 1er relais en 46.0). "C'est difficile, je suis derrière" a encore expliqué Jonathan. "Je pars à fond dans les 100 premiers mètres et je le paie sur la fin de la course (bouclée en 44.1) mais c'est ce qu'il fallait faire pour rester dans le peloton. Mais la concurrence a été très vite. Dans cinq courses sur six on est sur le podium. A l'arrivée, 3/100es c'est rien du tout, mais la différence est énorme. On a le record et on aurait aussi voulu le podium. C'est le sport", regrettait Jonathan Borlée (photo).

Dylan Borlée a reçu le témoin en 4e position. Auteur d'un excellent 44.71, 2e chrono des troisièmes relayeurs, il l'a cédé en 5e position car le Bahaméen Steven Gardiner s'est révélé intouchable (43.79). "On est monté sur la piste comme des guerriers et on s'est battu comme des guerriers mais cela n'a pas suffi pour monter sur le podium, mais on peut être fier de nous. Il faut utiliser cela pour l'avenir. Tous les ans on va plus vite, il faut continuer", a déclaré le plus jeune des Borlée.

"Les quatre gars ont été fantastiques. Je suis très fier d'eux. On a été au maximum de nos possibilités. On ne peut pas avoir de regrets. Je ne sais pas ce qu'on aurait pu faire de plus", a jugé Jacques Borlée (photo), le coach. "Je pensais qu'on pourrait faire les 2:58.50. Cela va être dur à encaisser de ne pas avoir de podium après cela, mais ce sont des grands champions. On y arrivera."

Jacques Borlée a d’ailleurs confirmé samedi soir que ses fils Kevin et Jonathan vont continuer à courir au moins jusqu'aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Ils seront alors âgés de 32 ans et n'ont donc pas disputé samedi leurs troisième et derniers JO. "On a décidé de continuer au moins jusqu'à Tokyo."