Incendie de l'INCC : Les cinq personnes interpellées remises en liberté

Les cinq personnes arrêtées dans les environs immédiats de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) à Neder-Over-Heembeek, à la suite de l'incendie volontaire survenu dans la nuit de dimanche à lundi vers 02H00 du matin, ont été remises en liberté après audition, a indiqué lundi vers 15H00 le parquet de Bruxelles. A ce stade, il n'a été procédé à aucune inculpation.

Le parquet de Bruxelles a saisi un juge d'instruction du chef d'incendie volontaire d'un immeuble et de dégradations par explosion. Le parquet et le juge d'instruction sont descendus sur les lieux. Différents experts ont été désignés. Les expertises sont en cours.

A la demande du juge d'instruction, aucune information ne sera communiquée par rapport à la cause du sinistre. Afin de permettre à l'enquête de se dérouler dans la sérénité, aucun commentaire supplémentaire ne sera fait à ce stade, a précisé le parquet. En fonction de l'avancement de l'instruction, plus d'informations pourront cependant être communiquées par la suite.

Pour rappel, plusieurs auteurs ont forcé l'entrée du terrain de l'INCC au moyen de leur véhicule et ont pu atteindre l'aile abritant les laboratoires. Seules les clôtures ont été forcées. Des témoins disent avoir entendu des explosions, dont l'origine n'a pas encore pu être déterminée.

L'hypothèse d'un acte terroriste n'est pas confirmée. L'enquête en cours envisage différentes pistes. Plusieurs individus peuvent avoir intérêt à faire disparaître des éléments à charge de leurs dossiers judiciaires.

 

Le bâtiment n'était pas surveillé

L'institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) n'était pas surveillé par un garde de nuit ou par un concierge et n'était pas non plus gardé par la police ou l'armée, a indiqué le directeur général de l'institution fédérale, Jan De Kinder.

Le bâtiment est cependant équipé de caméras de surveillance.

Un incendie est survenu vers 2h30 à l'INCC après que plusieurs auteurs ont forcé l'entrée du terrain au moyen de leur véhicule et ont pu atteindre l'aile abritant les laboratoires, a indiqué le parquet de Bruxelles lundi.

Dans cette aile se trouvent six des dix laboratoires de l'institut, selon Fabrice Gason, conseiller général de l'INCC. Il s'agit notamment des laboratoires analysant les traces de poudre, les produits accélérateurs de feu, les fibres textiles et les microtraces biologiques.

Ce dernier département, situé au premier étage, a été fortement endommagé par l'incendie, mais aussi par la fumée et l'eau des pompiers.

Le laboratoire d'analyse des microtraces (cheveux, poils, fragments végétaux...) a joué un rôle important dans de nombreux dossiers judiciaires, notamment l'affaire Dutroux ainsi que l'assassinat de Stacy Lemmens et de Nathalie Mahy, en juin 2006 à Liège.

Les milliers de cheveux retrouvés pendant l'enquête sur l'affaire Dutroux sont toujours conservés dans ce labo.

Les différents laboratoires  sont visibles de l'extérieur, affirme M. Gason, mais les enquêteurs ne savent pas encore si les auteurs de l'incendie visaient spécifiquement le laboratoire de microtraces ou l'institut dans son ensemble.

L'ampleur des dégâts n'est pas encore déterminée précisément. Le risque est de voir disparaître des indices de certaines affaires en cours ou passées. Lorsqu'un échantillon est prélevé pour être analysé, il est possible d'en prélever d'autres si le premier est détruit. Mais dans le cas de microtraces, les poils ou fragments de végétaux sont souvent analysés en entier. Ils sont donc perdus s'ils sont endommagés, explique encore Fabrice Gason.

L'INCC ne sera à nouveau opérationnel que dans plusieurs semaines, selon lui.

Quel est le rôle de l’INCC ?

L'institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) est une institution scientifique fédérale qui relève directement du ministère de la Justice. Son rôle est de réaliser des expertises et recherches scientifiques à la demande des instances judiciaires afin d'identifier les auteurs d'infractions. L'INCC crée et entretient également les banques de données criminalistiques nationales.

La direction opérationnelle Criminalistique s'occupe d'analyser en laboratoire les traces récoltées notamment par la police sur les lieux d'un crime (ADN, balles, textiles, drogues etc.) pour identifier les auteurs et leur mode de fonctionnement. Ce département réalise les expertises, entretient la banque de données et effectue des recherches scientifiques criminalistiques.

La direction Criminologie réalise de son côté des recherches et études sur des phénomènes criminels, afin de lutter le plus efficacement possible contre la criminalité.

Le bâtiment de l'INCC situé Chaussée de Vilvorde à Neder-Over-Heembeek abrite la Direction opérationnelle Criminalisitique. La direction Criminologie se situe au 7e étage du centre administratif Botanique.

Les premiers membres de l'INCC ont été engagés en 1991 et l'institut est entré en service en 1993.