"Permettre parfois d’arrêter sans l'avis préalable d’un juge"

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (photo), proposait ce samedi que la police fédérale soit autorisée, dans des circonstances exceptionnelles comme une lourde menace terroriste, à arrêter un suspect avant même qu’un juge ait pu estimer si cette arrestation est justifiée. Jan Jambon prend ainsi part à la discussion sur l’Etat d’urgence amenée en début de semaine par la N-VA au sein de la majorité fédérale.

Le président de la N-VA et bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, avait récemment lancé le débat en plaidant en faveur d’un Etat d’urgence dans le cas de grands actes terroristes. De cette manière, la police pourrait intervenir au plus vite et arrêter des suspects.

Cette proposition a cependant soulevé des critiques cette semaine, y compris au sein du parti de Bart De Wever. Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a ainsi déclaré dans les colonnes du quotidien De Standaard qu’il était contre l’émergence d’un Etat policier.

Ce samedi, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, également du parti nationaliste flamand, semble vouloir proposer un compromis. Il suggère que la police soit autorisée à arrêter immédiatement un suspect dans "des circonstances exceptionnelles", comme de lourds attentats terroristes.

Dans ces cas précis, un juge ne déciderait alors qu’après l’arrestation si celle-ci était effectivement justifiée. Jan Jambon estime qu’il revient à la magistrature de décider maintenant quand pareille mesure pourrait être introduite.

Le ministre de l’Intérieur souligne qu’une telle situation ne serait qu’exceptionnelle, "lorsque chaque minute compte pour tenter de garantir la sécurité de la population".