"La faillite d’Optima coûtera de l’argent au contribuable"

C’est ce qu’a déclaré l’ancien fondateur et président de la banque gantoise, Jeroen Piqueur (photo principale), ce dimanche midi dans l’émission "De Zevende Dag" de la VRT, en parlant néanmoins des dommages indirects de la faillite. Piqueur affirme aussi qu’Optima Banque n’a jamais fait l’objet de favoritisme de personnalités du monde politique.

Le 15 juin dernier, le tribunal du commerce de Gand prononçait la faillite de la banque Optima, qui avait déposé son bilan la veille. Des indices d’éventuelles infractions pénales, des transactions douteuses provenant d’actionnaires ou de membres de la direction, mais aussi des soupçons d’influences politiques venant notamment du président d’Optima Banque, Jeroen Piqueur, et de son ancien CEO, l’ex-ministre Luc Van den Bossche (SP.A), étaient associés à cette banque gantoise. L’affaire soulevait des remous au sein des partis politiques, de l’opposition comme de la majorité.

Début juillet, la commission des Finances de la Chambre votait à l'unanimité en faveur de la création d'une commission d'enquête sur la faillite d’Optima.

En juin, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA, photo) déclarait dans l’émission "De Zevende Dag" (VRT) qu’aucun "argent des contribuables n’ira à Optima". "Les dépôts de 100.000 euros qui sont couverts par la garantie pourront être remboursés par les actifs d’Optima même". Ce qui signifierait que ni les contribuables, ni le Fonds de garantie (dans lequel les banques versent de l’argent pour le cas où une institution financière connaitrait des problèmes) ne devraient intervenir.

Invité ce dimanche dans l’émission "De Zevende Dag", le plus grand actionnaire du Groupe Optima, Jeroen Piqueur, soulevait cependant le problème des "dommages indirects de la faillite". "Les passifs sociaux, les indemnités de départ de toutes sortes vont engendrer une dette de la masse, qui obligera finalement sans doute le fonds de garantie à intervenir".

D’après Jeroen Piqueur, le contribuable pâtira aussi. "C’est comme çà quand une entreprise de cette ampleur fait faillite". Piqueur ne peut évaluer exactement ces conséquences. "Mais un effet direct est le chômage de plusieurs centaines de collaborateurs. Et à la suite de cette faillite, d’autres faillites se produiront sans doute encore, obligeant le Fonds de fermeture d’entreprises à intervenir".

"Pas de favoritisme de la politique"

Depuis que l’affaire Optima a éclaté, en juin, tant le bourgmestre de Gand, Daniël Termont (SP.A, photo), que le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever (N-VA), ont dû s’expliquer sur les contacts qu’ils ont eu par le passé avec Jeroen Piqueur. Ce dernier a souligné ce dimanche qu’Optima n’avait jamais bénéficié de favoritisme de la part d’acteurs du monde politique.

"Pas de favoritisme en ma faveur, ni de ma part à leur égard", déclarait Piqueur sur le plateau de la VRT. Il affirme aussi que la Commission d’enquête sur la faillite ne trouvera rien.

Enfin, Jeroen Piqueur ne se sent pas coupable. "Si quelqu’un doit se sentir coupable vis-à-vis des clients, des actionnaires et du fisc, ce sont ceux qui ont pensé qu’il était bon de déclarer la faillite de la banque Optima". Piqueur vise indirectement les contrôleurs financiers, comme la Banque Nationale.