La contrainte encore trop souvent pratiquée en psychiatrie

Dans un nouvel avis, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) plaide pour davantage de respect en psychiatrie et pour que la pratique de la contrainte - comme placer un patient en cellule d’isolement ou l’attacher - ne soit utilisée qu’en dernier recours. Depuis 1999, le nombre d’internements forcés en psychiatrie a nettement augmenté. D’après le CSS, il y en aurait actuellement une quinzaine par jour.

"Il arrive trop souvent que des patients soient traités de manière non respectueuse", indique le Conseil supérieur de la Santé. "Il y a de plus un réel danger que les patients, leur famille et le personnel médical développent un traumatisme psychique et physique."

Le CSS recommande dès lors d'éviter toute forme de conflit. "Ne pas pouvoir rentrer le week-end, obligation de suivre une thérapie, pas de visites durant les deux premières semaines... Ce sont autant de règles qui provoquent des conflits et du ressentiment", souligne le psychiatre Chris Bervoets (UPC KU Leuven), président de la commission d'experts du centre.

Il est par contre parfois nécessaire, dans des circonstances exceptionnelles, de protéger les patients d'eux-mêmes, et il faut donc des directives claires dans ce cas. Un psychiatre doit être présent et des discussions doivent avoir lieu avec le patient et, dans la mesure du possible, avec sa famille.

La ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD, photo), a indiqué qu'elle souhaitait prendre cet avis comme un guide sur ce qui peut être amélioré. "Ce dossier ne concerne pas que le fédéral. Les entités fédérées devront aussi être impliquées dans la concertation", a-t-elle ajouté.