Accord contre le dumping social dans l’électrotechnique

Les représentants du secteur électrotechnique et du gouvernement ont signé ce mercredi un accord pour lutter contre le dumping social. Ils s’engagent à mener une série d’actions pour enrayer un phénomène qui entraine des pertes d’emploi en Belgique dans un domaine pourvoyeur de main-d’œuvre.

Le secteur électrotechnique compte 4.600 employeurs et emploie 35.000 travailleurs. En deux ans, malgré une timide reprise économique, 1.047 emplois ont disparu. L'arrivée massive de main d'œuvre étrangère bon marché est pointée du doigt, venant principalement d'Europe centrale et orientale.

"Nous ne sommes pas contre les travailleurs étrangers, mais nous voulons que cela se passe de manière correcte", a souligné Peter Claeys, directeur de Volta, une plate-forme représentant les fédérations et les partenaires sociaux de l'électrotechnique.

Le secteur n'est pas le seul concerné. Des conventions similaires ont déjà été signées dans la construction et le transport, et une autre est attendue dans le nettoyage.

L'accord comprend 15 mesures qui visent notamment l'évaluation de la nouvelle loi sur les marchés publics. L'un des objectifs qu'elle poursuit est la limitation du nombre de sous-traitants qui rend impossible le contrôle, mais aussi l'obligation d'agréation des sous-traitants, le rejet des offres manifestement trop basses, etc. Les moyens de contrôle seront également renforcés. Une campagne de sensibilisation sera menée auprès des citoyens, des entreprises et des pouvoirs publics.

Le problème est de nature européenne, ont reconnu le ministre des PME, Willy Borsus, et le Secrétaire d'Etat à la fraude sociale, Philippe De Backer (photo). La Belgique fait pression avec d'autres pays pour restreindre les règles européennes de détachement des travailleurs. Un groupe de travail Benelux a aussi été mis en place pour limiter la "route des Pays-Bas" grâce à l'échange de données sociales et fiscales. Bon nombre de travailleurs étrangers entrent en Belgique grâce à une législation néerlandaise sur le travail intérimaire jugée très souple et propice aux abus.