Une technologie anversoise reconnait des photos de l’EI

Textgain, une spin-off issue de l’Université d’Anvers, a développé un logiciel qui permet de reconnaître des photos de combattants de l’organisation Etat islamique (EI) sur l’internet, en les comparant aux photos de citoyens « normaux ». Les terroristes placeraient en effet des photos totalement différentes sur l’internet que ne le font les citoyens innocents. Le logiciel pourrait être utilisé dans la lutte contre la propagande djihadiste.
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L'entreprise anversoise Textgain avait déjà développé par le passé un logiciel repérant les messages haineux sur Twitter. Les terroristes et les sympathisants de l'Etat islamique ont depuis lors modifié leurs pratiques et envoient désormais leurs informations via des plateformes cryptées.

Les chercheurs ont réussi à pallier ce problème. Avec une technique de reconnaissance et d'analyse approfondie, des milliers de photos de combattants de l'EI ont été recoupées avec celles d'autres utilisateurs afin de déceler des différences.

"Les utilisateurs ordinaires des réseaux sociaux partagent avant tout des selfies et des photos de leurs animaux de compagnie, de stars de cinéma et de football", indique Guy de Pauw. "Les combattants de l'organisation Etat islamique, eux, partagent des images d'armes de guerre, d'explosions, de guerriers tombés au combat et de drapeaux. Notre algorithme permet d'identifier seul et de manière juste dans 85 à 90% des cas une photo partagée. De cette manière, des millions de photos peuvent être analysées".

Le logiciel pourrait être utilisé dans la lutte contre la propagande de l'EI. "Notre logiciel précédent avait déjà retenu l'attention. Les autorités ont dégagé des budgets pour la surveillance des réseaux sociaux. Le climat est mûr pour cela, et nous espérons être en mesure de répondre à un appel d'offres", selon De Pauw.