Le Vlaams Belang, seul parti à applaudir le plan sécuritaire de la N-VA

Si le parti d'extrême-droite approuve les mesures du plan sécuritaire des nationalistes flamands, il estime que celui-ci arrive "bien trop tard". Les Verts de Groen ont exprimé leur opposition radicale à la mise en place d’un cadre légal à l’état d’urgence. L’Open VLD a pour sa part indiqué ne pas vouloir "tomber dans les dérives d'un Etat turc". Le plan de sécurité de la N-VA prévoit notamment l'instauration d'un état d'urgence qui permettrait des arrestations préventives et la mise en place de chambres à part traitant des affaires de terrorisme au sein des tribunaux.

Le Vlaams Belang a indiqué approuver les mesures du plan sécuritaire de la N-VA, validé samedi à l'unanimité par le conseil du parti nationaliste. Il s'interroge cependant sur le timing choisi pour sa présentation. Sans remettre en question le bien-fondé du plan "niveau V", Filip Dewinter (VB) s'interroge sur un timing "peut-être motivé par des raisons électorales ou les résultats des sondages d'opinion". Il a estimé dimanche dans De Zevende Dag que le plan "niveau V" arrivait "bien trop tard".

Les Verts de Groen sont eux radicalement contre la mise en place d'un cadre légal à l'état d'urgence. "Le cadre actuel suffit, il faut maintenant investir suffisamment dans les services", selon le député Stefaan Van Hecke. Pour lui, l'état d'urgence n'a aucun intérêt. "La sécurité va-t-elle augmenter quand nous proclamerons l'état d'urgence ?" En France, des milliers d'arrestations ont eu lieu, mais ce n'était au final pas plus efficace, selon le député écologiste qui plaide pour que l'argent soit prioritairement investi dans les services. "On y a fait trop d'économies. Le cadre légal actuel est suffisant, il faut plutôt investir dans les services et les gens."

Pour l'Open VLD, le droit à la liberté supplante le reste. "S'il s'agit de protéger les libertés fondamentales, nous sommes nous aussi intransigeants dans la lutte contre le terrorisme", a affirmé dimanche la députée Carina Van Cauter, ajoutant tout de même que le parti ne voulait "pas tomber dans les dérives d'un Etat turc". Samedi, la présidente des libéraux flamands Gwendolyn Rutten a déjà précisé que "les frontières de notre Etat de droit sont claires" et qu'il fallait s'y tenir.

Du côté du MR, le Premier ministre Charles Michel a rappelé dimanche que le "gouvernement a déjà décidé de l'état d'urgence, d'un plan d'urgence en trente mesures qui porte ses fruits". Il s'est cependant dit ouvert à ce que son équipe puisse se pencher sur "toute proposition supplémentaire argumentée qui lui serait soumise par les ministres de la Justice et de l'Intérieur, en faveur de plus de sécurité et moyennant le respect de l'Etat de droit". Il convient d'agir "avec une volonté sans faille, avec le souci d'adapter notre législation où cela est nécessaire, mais en préservant sans cesse l'Etat de droit et nos libertés", a souligné le président Olivier Chastel. "Nous allons poursuivre dans cette direction, refusant les amalgames dangereux", a-t-il précisé.

Pour le PS, les mesures avancées par les nationalistes flamands sont "dangereuses pour l'Etat de droit et les libertés". Le PS estime que la N-VA agite ces idées "pour masquer son incapacité à changer les choses". Les socialistes estiment que les arrestations policières préventives (qui feront l'objet d'un contrôle judiciaire a posteriori) sont contraires aux libertés fondamentales. Le parti rappelle en outre que la création de tribunaux anti-terrorisme "ne répond à aucun besoin de terrain". "Rien qu'à Bruxelles, il y a en permanence cinq à six juges d'instruction qui ne traitent que du terrorisme. Deux chambres du tribunal correctionnel ne font que ça (...) Quel est dès lors l'intérêt de créer un tribunal spécifique ?"