Davantage de leucémies chez les enfants de Mol-Dessel?

La leucémie est détectée jusqu’à trois fois plus fréquemment chez les enfants de moins de 14 ans qui résident aux alentours du site anversois de traitement de déchets nucléaires de Mol-Dessel. C’est ce qui ressort d’une enquête épidémiologique, rapportée ce lundi par le quotidien De Morgen.

Les résultats détaillés de l’enquête épidémiologique démontrent que la leucémie a été détectée deux à trois fois plus souvent chez les enfants vivant dans un rayon de 15 kilomètres autour du site de Mol-Dessel qu'auprès des autres enfants de leur âge.

"En outre, un lien est établi entre la distance du site et l'orientation du vent transportant les émissions de gaz radioactif", stipule un article publié dans le journal scientifique European Journal of Cancer Prevention.

Sur le site de Mol-Dessel (province anversoise), on produit depuis des années du matériel nucléaire, on transforme et stocke les déchets radioactifs. A la suite d’une étude allemande sur l’augmentation significative du nombre de cancers chez les jeunes enfants qui résident dans les environs de sites nucléaires, une enquête a également été menée en Belgique sur la santé des enfants riverains de sites nucléaires.

Prudence par rapport aux résultats

Lodewijk Van Bladel, expert en radiation à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et co-auteur de l'enquête, nuance cependant qu'il s'agit d'une poignée d’enfants malades, si bien qu'un doublement ou triplement des données est vite atteint.

"Une autre recherche sur un plus large groupe est donc nécessaire", préconise Van Bladel. "Nous ne voulons cependant exclure aucun risque. Il est en effet trop évident que le nombre de leucémies n’augmente nulle part ailleurs qu’autour de Mol-Dessel. Toutes les hypothèses sont ouvertes", conclut Lodewijk Van Bladel.