Flandre et Wallonie relèvent la tête 6 mois après les attentats

Le secteur touristique en Wallonie et en Flandre (photo: Gand), moins touché que dans la capitale par les attentats du 22 mars dans la station de métro Maelbeek et à l’aéroport de Zaventem, est en train de se remettre, indiquent les chiffres des organismes touristiques régionaux. Les Belges préfèrent en effet voyager dans leur pays plutôt qu’à l’étranger. Les chiffres confirment l’amélioration de la situation touristique en Flandre annoncée dimanche par le ministre Ben Weyts.

Selon les données récoltées par l'Observatoire du tourisme wallon pour les vacances de Pâques (28 mars - 06 avril), les hébergements ont affiché 43,6% de taux d'occupation, soit 11,8% de moins que sur la même période en 2015. Les trois quarts de la clientèle étaient des Belges, en augmentation de 11% par rapport à Pâques 2015. Les attractions ont elles enregistré une perte de 28,4%.

"Quelques prestataires pensent que les attentats de Bruxelles ont eu un impact sur certaines annulations (surtout en hébergement). Toutefois, la majorité estime ne pas pouvoir se prononcer sur d'éventuelles répercussions des événements sur leur activité ou considèrent que ce n'est pas le cas", souligne le rapport.

Quant aux vacances d'été, du 1er juillet au 24 août, un statu quo a été constaté dans la fréquentation des hébergements (70,2% de taux d'occupation, +0,1% par rapport à 2015). Par contre, la Wallonie a enregistré une diminution de 4% de la fréquentation des attractions/musées. "Si pour certains, le climat international tendu et les attentats semblent avoir eu des effets négatifs, notamment en Brabant wallon, ils sont aussi un atout car selon quelques opérateurs, ces facteurs ont tendance à booster le tourisme de proximité. De manière générale, les prestataires touristiques estiment que compte tenu du climat ambiant et de la crise, la situation est positive", relève le rapport de l'été 2016.

La province du Brabant wallon a obtenu 52% de taux d'occupation dans les hébergements, soit une baisse de 15% par rapport à l'été dernier. "Certains exploitants d'hébergements attribuent cette diminution de la fréquentation aux attentats."

Le tourisme de proximité y gagne

Toerisme Vlaanderen commence pour sa part à voir le bout du tunnel. Les résultats de son baromètre hôtelier, qui se base sur les chiffres de la moitié des hôtels de Flandre, sont les raisons d'un tel optimisme. Les taux d'occupation étaient ainsi 8,5% plus bas en avril 2016 par rapport à avril 2015. En mai et juin, la différence était de respectivement 8,4% et 9,1%.

L'écart est toutefois en train de se resserrer. Bien que les chiffres ne soient pas encore officiels, ils vont dans la direction des 6% de pertes pour juillet. Toerisme Vlaanderen s'attend à des chiffres encore meilleurs pour août. Les villes culturelles de Flandre, davantage fréquentées par des touristes étrangers (à 75%), ont plus souffert que celles de la Côte qui jouissent d'un tourisme principalement local (80%).

Le ministre flamand du Tourisme, Ben Weyts, croit également au redressement, grâce à la résilience du secteur. Selon le ministre, le redressement est une suite logique de la politique et la stratégie de revalorisation mises en place à la suite des attentats.

Concernant l'horeca, les établissements flamands réalisent qu'il est urgent d'attirer à nouveau les touristes étrangers. A nouveau, les villes culturelles ont davantage fait les frais d'un impact négatif sur leur chiffre d'affaires que les villes côtières qui affichent une bonne année jusqu'à présent. "Les attentats ont même joué un rôle positif. Au lieu de partir en voyage à l'étranger, certaines familles ont préféré passer des vacances à la Côte", explique Gerrit Budts, porte-parole de Horeca Vlaanderen.

BELGA/LALMAND