Les commerçants devront dénoncer les clients suspects

Le service public fédéral Economie prépare actuellement une brochure informative destinée aux commerçants qui vendent des produits potentiellement intéressants pour les terroristes. Il s’agit notamment des pharmacies, des magasins de peintures ou de bricolage, qui seront priés de signaler des individus ayant acheté de grandes quantités de ces produits. L’information est rapportée par les quotidiens Het Laatste Nieuws et De Morgen.

Les magasins de bricolage, de peinture et les pharmacies ont déjà reçu de premières indications sur la façon dont ils doivent réagir si un particulier se procure de larges quantités de produits dangereux comme de l'acétone, de l'acide sulfurique ou de l'engrais, a confirmé le ministre de l'Economie, Kris Peeters (CD&V), au quotidien Het Laatste Nieuws.

Les commerçants doivent autant que possible partager leurs données avec les enquêteurs de la police fédérale sur les clients qui semblent nerveux, ne fournissent pas d'explication logique aux quantités achetées ou paient de grosses sommes en liquide.

Les lignes de conduite du service public fédéral Economie sont une traduction d'une directive européenne existante. La police ne souhaite pas donner davantage d’informations sur le nombre de communications déjà reçues depuis cet été.

Un point du plan de la N-VA ?

Le parlementaire européen Sander Loones (N-VA, photo) s’exclamait ce mardi matin via Twitter que le ministre Kris Peeters allait en fait, avec sa nouvelle législation, mettre en pratique une proposition extraite du nouveau plan de sécurité de la N-VA.

Le ministre Peeters estimait qu’il s’agissait d’une "réaction bizarre", étant donné que "cette loi a été approuvée avant les vacances d’été. C’est donc en fait le contraire : on a repris dans le plan de sécurité des choses qui ont déjà été mise en place".

La brochure en préparation n’est d’ailleurs pas la première initiative belge pour mettre les commerçants en garde face à des clients qui achètent de grosses quantités de certains produits. Il y a trois ans, la Fédération des entreprises belges et la police réalisaient une brochure similaire, dans laquelle était expliquée comment lutter contre les explosifs "fait maison".

Cette brochure avait été élaborée à la suite des attentats perpétrés par Anders Breivik (photo) à Oslo. Le terroriste norvégien avait acheté pas moins de 6 tonnes d’engrais chimiques, avec une petite entreprise agricole comme couverture. Il avait utilisé cet engrais pour fabriquer des explosifs.