Le travail a temps partiel met les femmes davantage sous pression

D’après une étude, réalisée par l’Université libre flamande de Bruxelles (VUB) à la demande de l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes, travailler à temps partiel pour améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale n’est souvent pas la meilleure des solutions.
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Les femmes qui décident de réduire leur nombre d’heures de travail se retrouvent généralement encore plus sous pression que lorsqu’elles étaient à temps plein. L’une des raisons est qu’elles se retrouvent dès lors à gérer davantage de tâches domestiques. Telle est la conclusion de l’étude menée par la VUB auprès de 5.559 Belges, et relayée mercredi par le quotidien Het Nieuwsblad.

"On devrait s’attendre à ce que ce soit une stratégie pour combiner emploi et famille", explique le chercheur Theun Pieter van Tienoven au micro de Studio Brussel (VRT). "Lorsque nous demandons aux hommes et aux femmes dans quelle mesure ils expérimentent des contraintes de temps, on remarque toutefois que la pression est bien plus forte chez les femmes qui travaillent à temps partiel que chez celles qui sont à temps plein".

"Nous constatons aussi que lorsqu’une femme passe à temps partiel alors que l’homme est à temps plein et qu’ils ont des jeunes enfants, le sentiment de stress augmente chez les femmes, et diminue chez les hommes", ajoute Theun Pieter van Tienoven.

D’après le chercheur, la charge des tâches ménagères serait directement liée à cette situation. "Lorsqu’une femme prend sciemment cette décision, ça donne à l’homme une raison légitime de dire: je continue dès lors à remplir mon rôle traditionnel, et tu t’occupes des tâches domestiques", explique-t-il.

Cette situation révèle un retour à la vieille répartition des rôles. "D’après l’enquête, on ne trouve aujourd’hui que peu d’hommes modernes. La répartition des rôles n’a que peu changé, et demeure particulièrement traditionnelle", conclut le chercheur de la VUB.

Des papas davantage en congé parental

Malgré les constats de cette enquête, les hommes sont toujours de plus en plus nombreux à chercher un moyen de pouvoir s’occuper davantage de leur foyer et de leurs enfants. Ainsi, le nombre d’hommes ayant pris un congé parental est passé de 3.600 en 2004 à plus de 18.000 en 2015. L’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes plaide dans ce cadre en faveur de congés familiaux plus souples et plus adaptés. Selon l’Institut, il devrait par exemple être possible de prendre de tels congés pour une demi-journée, une semaine ou un mois.