Manifestation de solidarité avec les travailleurs de Caterpillar

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes dans le centre de Charleroi vendredi matin pour témoigner leur soutien aux travailleurs de Caterpillar. Les manifestants étaient au nombre de 10.000 selon les syndicats, de 3.000 selon les forces de l'ordre. Le long cortège s'étendait sur environ 500 mètres. Au terme du cortège, les syndicats se sont adressés aux représentants politiques.

Le gros de la troupe était essentiellement composé d'un grand nombre de travailleurs de l'entreprise américaine ainsi que de nombreux travailleurs issus des sous-traitants de Caterpillar. On pouvait également dénombrer quelques centaines de citoyens de Charleroi venus afficher leur solidarité avec les travailleurs.

Caterpillar a annoncé le 2 septembre vouloir fermer son site de production à Gosselies (Charleroi), entraînant la perte de 2.200 emplois directs et de plusieurs milliers indirectement, principalement chez les sous-traitants.

"Nous espérons que ce sera le début de quelque chose", avait affirmé mercredi Vincent Pestieau, le patron de la FGTB Charleroi. Son homologue de la CSC carolo, Chantal Doffiny avait quant à elle indiqué que cette manifestation avait été voulue par les travailleurs de l'entreprise "pour sortir de leur quatre murs".

Selon la responsable syndicale encore, deux cris y seront exprimés: l'un de douleur ; l'autre de révolte, notamment à l'égard d'un "capitalisme outrancier".

"Un combat pour les emplois industriels"

"Le combat que doivent mener aujourd'hui les travailleurs de Caterpillar est aussi un combat pour les emplois industriels", a affirmé vendredi Antonio Cocciolo, président de la fédération des Metallos Hainaut-Namur au terme de la manifestation.

Selon Antonio Cocciolo, la fermeture de Caterpillar menace d'avoir des répercussions bien plus larges que celles qui se feront ressentir pour les travailleurs du site de Gosselies. "Les écoles, les hôpitaux de toute la région de Charleroi et même au-delà le ressentiront", a affirmé le responsable syndical.

Ce dernier s'est également adressé aux responsables politiques. "Vos déclarations après la fermeture de Caterpillar, je les ai entendues mais il faudra désormais aller jusqu'au bout", a-t-il averti.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC a quant à elle réclamé que les aides publiques soient conditionnées au maintien et au développement de l'emploi en Belgique. Elle a par ailleurs insisté sur la dignité des travailleurs de Caterpillar.