Bourgeois rejette l’idée romantique d’une Flandre indépendante

Dans une interview accordée aux magazines d’actualité Le Vif et Knack, le ministre-président flamand Geert Bourgeois (photo) a pris ses distances par rapport à l’idée romantique d’une Flandre indépendante. Selon lui, l’indépendance doit être vue comme une forme de confédéralisme poussé à son maximum. "Une nation moderne n’est jamais totalement isolée", déclare Bourgeois.
Jasper Jacobs

Dans l’interview accordée aux deux magazines, le ministre-président flamand lève le voile sur ce qu’il attend d’une éventuelle réforme confédérale à l’issue des élections fédérales de 2019.

"Nous dévoilerons la stratégie de la N-VA plus tard. Vous connaissez notre programme. Mais je veux encore insister sur le fait que le terme 'indépendance' qui se trouve dans nos statuts, ce n'est pas l'indépendance au sens du 19e siècle. Une nation moderne fait partie d'un plus grand ensemble. En Belgique, il s'agit donc d'aller vers un confédéralisme avec des Etats fédérés ayant une capitale partagée et un maximum d'autonomie et de responsabilités", expliquait Geert Bourgeois, au cours d'un entretien croisé avec son homologue wallon, Paul Magnette.

Le fondateur du parti nationaliste flamand faisait cette mise au point alors que la N-VA traverse une crise interne à propos de son aspiration nationaliste, énoncée à l'article 1er de ses statuts. Elle a accepté de geler ses revendications pour constituer au Fédéral une coalition suédoise, excluant les socialistes. La base nationaliste doute depuis lors de la sincérité nationaliste du parti.

Ces doutes ont grandi à la suite d'une interview du président Bart De Wever laissant entendre que si les socialistes passaient une législature de plus dans l'opposition, il pourrait remiser une nouvelles fois les exigences institutionnelles.

Les députés Veerle Wouters et Hendrik Vuye, chargés pourtant en janvier de "réopérationnaliser" le programme communautaire du parti, ont fait entendre une voix frondeuse qui leur a valu d'être mis au pas et de se voir retirer leur mission. Ils s'entretenaient mardi après-midi avec Bart De Wever.

Le Mouvement flamand dénonce depuis lors la mutation d'un parti nationaliste en un parti accroché au pouvoir.