"Oui, nous pouvons faire en sorte que notre modèle de sécurité sociale reste viable"

Maggie De Block (Open VLD), la ministre de la Santé publique et des Affaires sociales, était invitée mardi à donner la leçon inaugurale de sciences politiques à l'Université de Gand. Mme De Block a fait un exposé technique sur la soutenabilité du modèle social belge et a défendu les choix posés par le gouvernement Michel, notamment sur la réforme des allocations pour malades de longue durée. "Les personnes trop malades seront laissées tranquilles. Je l'ai déjà dit mille fois et je le répète encore, car certains ne l'ont toujours pas compris", a-t-elle asséné.
Nicolas Maeterlinck

Maggie De Block a expliqué pourquoi il faut toucher à notre modèle social pour le garantir. "Tailler à la hache, comme certains le veulent, ce n'est pas une bonne idée car l'on risque alors que le patient ne survive pas", a-t-elle commenté pour défendre sa politique. "Donc nous prenons un scalpel, ou même un laser, avec lequel nous faisons du travail sur mesure." Le but est clair, selon Maggie De Block. "Nous devons faire en sorte que notre sécurité sociale, une des meilleures au monde, reste vivable pour les générations futures."

Dans son discours, la ministre a évoqué le financement de la sécurité sociale, la réduction des services publics, le plan d'action e-santé, mais également le très discuté trajet de réintégration pour remettre au travail les personnes en absence de longue durée, pour réorienter les indemnités de maladie et d'invalidité vers ceux qui y ont droit. La ministre a contesté que des personnes dans le besoin soient éjectées du système. "Pour être claire: les personnes en phase terminale ou qui doivent encore subir des mois de revalidation seront laissées tranquilles."

Maggie De Block répondait ainsi aux étudiants du Comac, le mouvement des jeunes du PTB, qui avait organisé une action avant la leçon de la ministre, sous le slogan "combattez la maladie, pas les malades".

Durant la (courte) séance de questions, Maggie De Block a justifié le choix de son parti de vouloir un budget à l'équilibre en 2018. "Nous devons encore réduire une énorme dette publique. Briser l'équilibre signifierait que nous la laisserions à votre génération", a-t-elle indiqué aux étudiants. "Nous ne pouvons pas la transférer."