La Flandre remet en question la mission princière aux Philippines

A l’instar de Cécile Jodogne, secrétaire d’Etat bruxelloise au Commerce extérieur, le gouvernement flamand s’interroge sur le maintien de la mission princière prévue aux Philippines en mai 2017. Vendredi dernier, le président philippin Rodrigo Duterte a fait un parallèle entre sa sanglante guerre contre la criminalité et l’extermination des Juifs par Adolf Hitler, en disant qu’il serait "heureux de massacrer" des millions de drogués.
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D’après le ministre-président flamand Geert Bourgeois, le gouvernement flamand a déjà exprimé ses doutes auprès de l’Agence pour le commerce extérieur, une présence ministérielle flamande ne lui semblant "pas réaliste".

Vendredi, le président philippin Rodrigo Duterte (photo principale) a fait un parallèle entre sa sanglante guerre contre la criminalité et l’extermination des Juifs par Adolf Hitler, en disant qu’il serait "heureux de massacrer" des millions de drogués. Pour Cécile Jodogne, ces dernières déclarations dans la bouche d’un homme coutumier des dérapages verbaux rendent pour le moins compliquée la tenue de la mission princière prévue aux Philippines en mai 2017, a-t-elle fait savoir dans La Libre Belgique.

La secrétaire d’Etat plaide pour que la mission soit réorientée vers un autre pays. "Si le fédéral et les deux autres Régions ne sont pas d’accord, alors la Région bruxelloise n’enverra pas de représentation politique", a-t-elle renchéri.

Pas de commentaires de la part du Palais

Outre Cécile Jodogne et Geert Bourgeois, Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l'Economie, a lui aussi indiqué avoir "un vrai problème" avec la mission princière aux Philippines. Le sujet sera abordé au sein de l'Agence pour le commerce extérieur, a-t-il précisé, après avoir souligné que sa préoccupation majeure était celle de l'Etat de droit aux Philippines.

Pieter De Crem, le secrétaire d'Etat en charge du commerce extérieur, a aussi dit qu'il se posait des questions mais que les discussions devaient encore se poursuivre ces prochaines semaines.

Le Palais n'a pour sa part pas souhaité commenter les débats en cours, dès lors que la question devra être réglée au sein de l'Agence pour le commerce extérieur.

Une décision qui revient aux Régions

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, Didier Reynders, a rappelé que les destinations des missions princières sont choisies par les Régions et non par le fédéral. Mais indépendamment de la question de maintenir ou non cette mission, "le message du fédéral est clair: les déclarations du président philippin Rodrigo Duterte sont tout à fait inacceptables", a-t-il affirmé samedi. "La Belgique condamne clairement les multiples dérapages verbaux du président philippin et s'interroge sur le respect des droits individuels dans l'archipel asiatique", a insisté M. Reynders.

"A côté de ce message que nous voulons faire passer tant en bilatérale qu'au plan européen, il y a le débat sur la mission princière prévue en mai. C'est une question d'opportunité qui relève des Régions", a-t-il poursuivi, notant que, par le passé, des missions ont déjà eu lieu dans des pays peu respectueux des droits de l'homme.

"Je comprendrais que les Régions se disent que ce n'est pas le bon moment pour aller aux Philippines. La présidente de l'Agence pour le commerce extérieur, Annemie Neyts, avait d'ailleurs déjà soulevé le problème. Une réunion du comité d'accompagnement devrait avoir lieu la semaine du 10 octobre", a-t-il également rapporté.