ING: 3158 emplois et la moitié des agences passent à la trappe

"C'était une décision extrêmement difficile car nous sommes conscients de son impact sur nos équipes mais elle était nécessaire pour assurer l'avenir de la banque", a affirmé Rik Vandenberghe, l'administrateur délégué d'ING Belgique, alors que le groupe bancaire a annoncé lundi matin, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de supprimer 3.500 équivalents temps plein (ETP) d'ici la fin de 2021.

A l'échelle mondiale, la stratégie d'ING prévoit des réductions de coûts de l'ordre de 900 millions d'euros annuels d'ici 2021. L'ambition est qu'ING Belgique évolue vers une plateforme bancaire unique intégrée avec ING Pays-Bas.

"Nous avons ainsi l'intention d'utiliser les connaissances, la technologie et le savoir-faire qui permettent actuellement à ING Pays-Bas de définir la norme en matière de 'banque digitale en temps réel' (omni-channel).  À l'inverse, ING Pays-Bas bénéficierait de nos connaissances et de notre savoir-faire en matière de gestion de relation et conseil personnalisé", indique le CEO d'ING Belgique. L'objectif serait de devenir la banque n°1 au Benelux, avec 11 millions de clients. Les deux banques resteraient cependant des entités juridiques indépendantes.

"Je conçois que notre intention de transformation et les conséquences potentielles constituent un message difficile à assimiler pour de nombreux collaborateurs. Nous les traiterons bien entendu avec respect et dignité", conclut M. Vandenberghe, affirmant que "la direction engagera le dialogue avec les partenaires sociaux de manière transparente et ouverte au sein du conseil d'entreprise".

"Digitalisation fulgurante, multiplication du nombre de concurrents, taux d'intérêt obstinément bas, étranglement des marges, lourdes taxes et régulation omniprésente" sont autant d'obstacles avancés par ING pour expliquer l'accélération de son plan stratégique.

"J'ai mal dormi ces dernières nuits"

"C'était une décision extrêmement difficile car nous sommes conscients de son impact sur nos équipes mais elle était nécessaire pour assurer l'avenir de la banque", a affirmé Rik Vandenberghe, l'administrateur délégué d'ING Belgique, alors qu'ING a annoncé lundi matin, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de supprimer 3.500 équivalents temps plein (ETP) d'ici la fin de 2021.

"J'ai mal dormi ces dernières nuits et mes premières pensées, aujourd'hui, vont vers les travailleurs d'ING", a poursuivi son responsable en assurant que le groupe "prendra ses responsabilités" pour engager avec les syndicats un dialogue "transparent et ouvert".

"Nous sommes et nous voulons rester une banque saine mais nous devons faire face à de très nombreux défis", dont des taux bas, une numérisation croissante, une concurrence toujours plus rude et un changement de comportement de la part des consommateurs, a encore expliqué Rik Vandenberghe.

"Dans ce contexte, nous avons dû réfléchir à comment faire face et développer un projet capable d'assurer la pérennisation de nos activités", a-t-il ajouté. A l'issue de plusieurs mois de réflexion, le groupe est finalement parvenu à un plan de transformation prévoyant, entre autres, "des économies d'échelle via une plate-forme intégrée unique entre la Belgique et les Pays-Bas ainsi qu'une nouvelle manière de travailler".

Concrètement, la banque entend supprimer, dans tous ses secteurs, 3.500 ETP d'ici la fin de 2021. Le nombre de licenciements secs, lui, atteindrait un maximum de 1.700. "En tenant compte des 350 départs naturels déjà enregistrés en 2016 au sein d'ING Belgique, nous discutons, avec les syndicats, d'une réduction de 3.150 ETP", a précisé à ce sujet l'administrateur délégué.

Le nom Record Bank va disparaître

Quant au nombre d'agences, il serait réduit de près de la moitié, à 650 agences "plus grandes, avec davantage de personnel et des heures d'ouverture plus étendues". Enfin, ING Belgique intégrera dans sa structure les activités de Record Bank, dont le nom disparaîtra. "L'objectif, c'est de rester visible dans la rue. Nous avons estimé à 650 le nombre d'agences nécessaires pour continuer à servir nos clients", a résumé Rik Vandenberghe selon qui, par ailleurs, "aucune autre intention de transformation n'est actuellement sur la table".

"Parvenir à cette décision extrêmement difficile a pris des mois, une période au cours de laquelle nous avons examiné différentes possibilités. Finalement, le couperet est tombé la semaine passée et nous avons communiqué le plus rapidement possible", a enfin rappelé le responsable. "C'est un projet nécessaire car le monde change. Nous avons donc décidé de regrouper nos forces et de prendre notre destin en main", a-t-il conclu.