Bernard Wesphael acquitté du meurtre de son épouse

La cour d’assises du Hainaut a prononcé ce jeudi après-midi l’acquittement de l’ancien député wallon Bernard Wesphael (58 ans, photo), accusé du meurtre de son épouse Véronique Pirotton le 31 octobre 2013 dans une chambre d’hôtel à Ostende. Le jury, réuni avec la cour en collège, a estimé qu’un doute raisonnable existe et qu’il doit bénéficier à l’accusé, malgré la présence d’éléments troublants.

A la seule question de culpabilité, le jury a répondu "non" malgré la présence d'éléments troublants : la position du corps de la victime, l'existence et l'emplacement du sac en plastique, la présence de nombreux hématomes et de lésions sur le corps de la victime, des fibres d’oreiller sur son visage, les bruits entendus par de nombreux voisins et l'attitude de Bernard Wesphael tout de suite après les faits.

Pour le jury, l'enquête et les éléments développés lors des débats ne permettent pas d'établir la culpabilité de Bernard Wesphael. Le jury relève l'absence de vérification aboutie de certains indices, "le caractère incomplet des éléments présentés par l'accusation qui ne permettent pas de valider la thèse de l'étouffement par la présence traces de fibres et de traces biologiques retrouvées à différents endroits". Le jury relève aussi que le coussin vert resté sur le lit présente aussi des traces de salive de la victime.

Le jury estime que l'effet des médicaments absorbés et les manipulations de réanimation peuvent expliquer les traces relevées lors de l'autopsie.

Enfin, le jury retient que tous les experts et les conseillers techniques sont unanimes quant au fait de l'intoxication alcoolo-médicamenteuse - par laquelle Wesphael explique la mort de son épouse (photo) - ne peut pas être exclue. "Un doute raisonnable doit profiter à l'accusé", conclut l'arrêt de culpabilité.

A la lecture du verdict, Nadine Pirotton - la sœur de la victime, sur le banc des parties civiles - n'a pas pu retenir ses larmes, alors que l'accusé a chaleureusement embrassé ses avocats, après avoir aussi éclaté en sanglots.

"Je pense à Véronique"

Bernard Wesphael a également déclaré à la sortie du tribunal, où il retrouvait sa fille Saphia (photo): "Je pense à Véronique, parce qu'elle n'est plus là et que c'est très dur". L'ex-député wallon a été escorté par son avocat et la sécurité pour sortir du bâtiment.

Il a ensuite eu une pensée pour le fils de Véronique Pirotton. "Je pense aussi à Victor, que je considère comme mon enfant. Si un jour, il peut admettre que je ne suis pas l'auteur, ça me ferait plaisir de le retrouver", a-t-il ajouté.

Wesphael a aussi accusé le parquet de Bruges d’avoir “tout fait pour convaincre le public que je suis un assassin. Je vais maintenant essayer de me reconstruire. J’ai des amis très forts autour de moi".

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