Pas de grève générale, mais des actions ciblées

Le front commun des syndicats chrétien, socialiste et libéral a renoncé à la grève générale prévue initialement, mais mène ce vendredi des mouvements localisés et ciblés de protestation contre les mesures d’austérité du gouvernement. Ils affectent notamment les transports en commun, mais aussi des entreprises. Une manifestation a lieu à Wavre, en Brabant wallon.

Tous les bus, trams et métros de la société de transport STIB roulaient à Bruxelles ce vendredi matin, mais un temps d'attente plus long devait être pris en compte. La STIB estimait qu'environ 75% des passages seront assurés ce vendredi. "Quelques conducteurs sont absents ce matin ou ne se présenteront pas durant la journée", précisait sa porte-parole Cindy Arents.

A Bruxelles encore, la société régionale flamande De Lijn encourageait aussi ses passagers à vérifier les horaires réajustés sur son site internet. Les perturbations semblaient cependant les plus importantes en Flandre : plusieurs services de bus et trams ont été annulés.

En Brabant flamand, quelque 70% des bus circulaient. En Flandre occidentale, seuls 40% suivaient les horaires ordinaires, pour 80% dans le Limbourg. Des perturbations ont été annoncées dans la ville de Gand (Flandre orientale), et nombre de bureaux de la société De Lijn étaient fermés.

Les liaisons ferroviaires de la SNCB ne semblaient pas fort perturbées ce vendredi matin non plus, dans l’ensemble du pays.

Retards et vols annulés à Brussels Airport

L’aéroport de Zaventem conseillait ce vendredi aux voyageurs de ne se présenter qu’avec un bagage à main, si possible, en raison d’éventuelles actions de protestation des bagagistes.

La plupart des vols étaient maintenus selon l’horaire annoncé, mais certains vols ont dû être annulés. Il s’agissait de 8 vols vers 10h du matin, vers des destinations telles que Londres Heathrow, Stockholm, Berlin et Milan. Des retards d'une quinzaine de minutes en moyenne ont en outre été enregistrés sur 120 vols.

L’action de protestation bloque par contre le transport de marchandises au départ de Zaventem. Un blocage avait été installé à Brucargo à l’aube.

Des entreprises privées à l'arrêt

L’action du front commun syndical semble se concentrer surtout sur des entreprises privées. Ce sont avant tout les multinationales et grandes entreprises qui sont visées, comme Audi Brussels, Arcelor Mittal à Gand, Volvo à Gand et Volvo Trucks près d’Oostakker, ou encore Samsonite à Oudenaarde.

Dans le secteur de l’alimentation, les actions touchent le producteur laitier Campina à Aalter (Flandre orientale), le producteur de chocolat Milka à Herentals (Anvers), la fabrique des biscuits Lu.

Selon la fédération sectorielle Agoria, la production était complètement à l'arrêt dans la plupart des grandes entreprises de production de l'industrie technologique. "En plus des pertes de production subies aujourd'hui, c'est l'image de notre pays auprès des investisseurs qui est menacée", déplorait Marc Lambotte, CEO d'Agoria.

Toutes les provinces du pays sont touchées par ces actions, déplore Agoria. "Selon les provinces, ce sont 10 à 20 entreprises technologiques qui accusent partiellement ou totalement de pertes de production".

Plus de 500 personnes s’étaient en outre rassemblées vendredi matin devant l'entreprise Caterpillar à Gosselies (Charleroi), pour ensuite prendre en cortège la direction du bâtiment occupé par Agoria Wallonie Hainaut Namur. La direction de l’entreprise américaine a annoncé récemment une restructuration qui devrait emporter 2.200 emplois directs et plusieurs milliers d’autres de façon indirecte.

Manifestation au centre de Wavre

Plusieurs milliers de protestataires, principalement des syndicats des services publics, étaient attendus pour manifester à partir de 11h dans la ville du Premier ministre Charles Michel (MR). La place Bosch était entourée de barrières et la police surveillait discrètement le rassemblement.

Au milieu des pétards et des drapeaux des différentes délégations (Enseignement, Pompiers, Postes, etc.), quelques centaines de manifestants ont distribué des tracts dans une atmosphère assez bon enfant. La CSC Enseignement a ainsi choisi l'humour en diffusant un faux bulletin de Charles Michel, reprenant des remarques dans différentes matières scolaires.

"Arithmétique: Tu ne dois pas écouter Daniel B. qui dérape dans ses calculs. Gymnastique: le saut d'index n'est pas au programme d'éducation physique! Histoire: recommence les mêmes erreurs que ses prédécesseurs, ne connaît donc pas l'histoire. Attitude en classe: Charles n'écoute pas les partenaires sociaux et n'en fait qu'à sa tête. Economie: démonte les services publics au lieu d'écouter en classe", indique notamment le tract distribué vendredi matin à Wavre par les enseignants du syndicat chrétien.