Dès 2017, le prix du livre sera réglementé en Flandre

Le gouvernement flamand a définitivement approuvé vendredi l’instauration, dès le début de l’an prochain, d’une règlementation du prix du livre en Flandre. La proposition, déposée par le ministre de la Culture Sven Gatz (Open VLD), prévoit que le prix de tous les nouveaux ouvrages sera règlementé pendant les six premiers mois de leur parution. Boek.be, l’association des éditeurs, importateurs et vendeurs de livres flamands, regrette que d’importantes ristournes soient accordées aux bibliothèques et aux écoles dans le décret.

Pendant les six premiers mois qui suivent la parution des livres, les revendeurs pourront appliquer des réductions de 10% au maximum. Passée cette période de six mois, le prix des livres sera libre. Les bibliothèques et les écoles bénéficieront, elles, de réductions de 25%.

Le prix réglementé du livre doit offrir un espace de concurrence équitable entre libraires indépendants et grandes surfaces qui, surtout pour les best-sellers, offrent des réductions impraticables pour les plus petits opérateurs.

Ce sont donc ces derniers qui ont tout à gagner de l'initiative. Mais également les auteurs, estime le ministre flamand de la Culture Sven Gatz (photo). "Les éditeurs pourront investir davantage sur les écrivains connus, mais également sur les moins connus ou les auteurs débutants", fait-il valoir.

La vente de livres électroniques tombera sous la même réglementation. Sven Gatz a promis une évaluation du régime d'ici quatre ans.

A Bruxelles et en Wallonie ?

La règlementation du prix du livre sera aussi d'application dans la région bilingue de Bruxelles, pour les livres rédigés en néerlandais.

D’après le ministre Gatz, des discussions sont en cours avec la Fédération Wallonie-Bruxelles en vue d'une application du côté francophone "aussi uniforme que possible" du décret flamand.

L'ancienne ministre francophone de la Culture, Joëlle Milquet, avait annoncé l'automne dernier sa volonté de parvenir rapidement en Fédération Wallonie-Bruxelles à un prix unique du livre, comme il existe en France depuis longtemps. Elle voulait en finir avec la "tabelle", ce mécanisme qui fait que les livres français sont vendus chez nous 10 à 15% plus cher que dans l'Hexagone.

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