Kinshasa prend des mesures de réciprocité contre la Belgique

La République démocratique du Congo (RDC) a pris à son tour des mesures de restriction de délivrance de visas accordés aux officiels belges, au nom de la réciprocité. C’est ce qu’a annoncé le ministre congolais des Affaires Etrangères, Raymond Tshibanda N’tunga Mulongo (photo), cité samedi par la radio onusienne Okapi. Plus tôt dans la semaine, son homologue belge Didier Reynders avait annoncé des mesures similaires pour les visas diplomatiques congolais.

Le chef de la diplomatie congolaise a notamment évoqué le principe de réciprocité pour annoncer, dans un communiqué, que "des mesures de restriction de délivrance de visas similaires à celles décrétées par la partie belge à l'endroit des autorités congolaises vont, à dater de ce jour, être appliquées aux officiels belges".

Raymond Tshibanda a fait cette annonce vendredi, après que le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders (photo d'archives), ait indiqué mercredi que la Belgique avait décidé de limiter à six mois la durée des visas octroyés aux responsables congolais porteurs de passeports diplomatiques, en raison de l'évolution de la situation politique en RDC, où les élections prévues avant la fin de l'année seront inévitablement reportées, peut-être jusqu'à la fin 2018.

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"Entre partenaires qui se vouent considération et respect, le dialogue est certes de mise. Il est cependant censé de se faire par la voie diplomatique et non à travers la presse. Bien plus, si des conseils ou suggestions sont les bienvenues, aucune invective ou injonction de quelque nature que ce soit, n'est acceptable, a souligné Tshibanda, laissant présager une énième crise diplomatique entre Bruxelles et Kinshasa.

Le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, et le vice-ministre en charge des Congolais de l'étranger, Antoine Boyamba, avaient dénoncé dès jeudi la décision des autorités belges. "Nous ne reconnaissons pas à un pays étranger le droit de sanctionner des personnalités congolaises. C'est un principe de droit international. Je ne pense pas que la Belgique accepterait que nous sanctionnions ici des dirigeants belges pour des problèmes qui se passent chez eux", avait déclaré Lambert Mende, qui est également porte-parole du gouvernement.

Vers une crise diplomatique ?

Ces déclarations fortes de la part de Kinshasa - alors que les Etats-Unis, la France et, dans une moindre mesure, l'Union européenne s'inquiètent du retard pris dans l'organisation des élections - avec pour effet un maintien du président Joseph Kabila en fonction au-delà de la fin de son second mandant, le 19 décembre - pourraient entraîner une énième crise diplomatique entre la RDC et la Belgique, son ancienne puissance coloniale.

La dernière en date remonte à la période 2008-2011, à la suite de propos tenus par l'ex-ministre belge des Affaires Etrangères, Karel De Gucht (Open VLD, photo), sur la corruption dans l'ex-Zaïre qui avaient irrité les dirigeants congolais.