Dix-huit mineurs en route vers la Syrie interceptés depuis 2012

Dix-huit mineurs ont été interceptés depuis 2012 parce qu'ils faisaient route pour rejoindre une zone de combat en Syrie ou en Irak, ou que leurs préparatifs de départ étaient bien avancés, a indiqué jeudi le ministre de la Justice, Koen Geens, à la Chambre en réponse à une question de Philippe Pivin (MR).

A la date du 20 septembre de cette année, six d'entre eux étaient toujours mineurs. Plusieurs d'entre eux ont été placés en IPPJ en tant que "mineur en danger" par des juges de la jeunesse.

Plusieurs enquêtes récentes à Liège, Charleroi et Nivelles ainsi qu'en France ont conduit à l'arrestation et parfois au placement de plusieurs mineurs qui discutaient sur des réseaux sociaux de la possibilité de commettre un attentat près de chez eux.

"Même si leurs capacités techniques apparaissent généralement limitées, une attaque basée sur un modus operandi simple est tout à fait à leur portée", a précisé M. Geens (CD&V).

Depuis 2012, quinze individus ont pris la route de la région Syrie-Irak alors qu'ils étaient encore mineurs et sans être accompagnés d'un parent. Onze seraient toujours sur place même si les autorités belges pensent que trois d'entre eux sont décédés. Quatre sont rentrés en Belgique.

De jeunes enfants aussi

A côté de ces mineurs non accompagnés, se trouvent également dans ces zones des enfants emmenés par leurs parents ou nés sur place. En mars dernier, l'OCAM en avait identifié 35 mais leur nombre réel pourrait s'élever à 80.

Les chiffres des naissances dont difficiles à déterminer car, outre le manque d'informations, il s'agit parfois d'enfants nés de père belge mais de mère étrangère.

Daech accorde une importance particulière aux enfants qui se trouvent sur son territoire. L'organisation terroriste leur prodigue un enseignement fondé sur le Coran et l'éducation physique, en ce compris des cours de natation, de lutte et de tir. "Daech cherche une nouvelle génération conditionnée et prête à servir", a souligné M. Geens.

Actuellement, les services belges n'ont pas connaissance de l'implication de mineurs partis accompagnés dans des actes violents.