Le Premier ministre annonce une solution pour les coopérateurs d'Arco en 2017

Un élément nouveau et inattendu s'est glissé dans la déclaration de politique générale du Premier ministre ce dimanche midi devant la Chambre. Charles Michel (MR) a annoncé que les coopérateurs d’Arco seront en partie indemnisés.

Arco était le bras financier du mouvement ouvrier chrétien. Le groupe coopératif est en liquidation depuis la débâcle de la banque Dexia, il y a 5 ans, dont il était l'un des principaux actionnaires. Plus de 780.000 coopérateurs, en majorité flamands, sont concernés.

Le Premier ministre Charles Michel a annoncé ce dimanche en marge de sa déclaration de politique générale sur le budget que le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) allait mettre au point un plan d’action pour le remboursement partiel des coopérateurs d’Arco.

"Une task force sera mise en place afin d’accompagner la mise en œuvre de cette indemnisation. Ce groupe de travail sera lancé l’année prochaine" a déclaré le Premier ministre.

L’indemnisation des coopérateurs d’Arco était le cheval de bataille du CD&V.

"A propos d'Arco, l'accord de gouvernement est confirmé afin d'élaborer un règlement praticable en vue d'un dédommagement des coopérants personnes physiques des coopératives financières reconnues", a ajouté Charles Michel.

Jusqu'à présent, ce sujet n'avait guère été évoqué dans les comptes-rendus des négociations tendues et difficiles qui ont mené à la confection du budget. La mention du dossier a interpellé l'opposition et suscité un brouhaha dans l'hémicycle.

"Je ne peux m'empêcher d'avoir l'impression que le règlement du dossier Arco a été une monnaie d'échange pour ramener le CD&V à la table des discussions la semaine dernière" estime Ivan De Vadder, journaliste politique à la VRT.
 

Démenti de Kris Peeters

Pour l'opposition ,aussi, la crise qui a paralysé les négociations budgétaires la semaine passée s'éclaire d'un jour nouveau.

Le CD&V a démenti cette interprétation. "Il y avait déjà eu un accord sur Arco au cours des négociations", a fait remarquer le vice-premier ministre, Kris Peeters, sur la VRT.

Dans les rangs gouvernementaux, l'on relativisait la portée de cette mention dans le discours de politique générale. La liquidation d'Arco venant de s'achever, il revient au gouvernement de se pencher sur le dossier, conformément à l'accord de majorité. Aucune solution n'a encore été élaborée, assurait-on.

"Les coopérateurs d'Arco réagissent de manière négative"

Les coopérateurs d'Arco ont réagi de manière négative après que leur sort a été abordé dimanche lors du discours de politique générale du Premier ministre Charles Michel. "On parle d'un nouveau départ, mais je ne vois pas d'évolution. C'est encore vague, les coopérateurs d'Arco sont devenus une marchandise politique", estime l'avocat Geert Lenssens, qui représente environ 1.000 coopérateurs.

"On parle d'un règlement praticable, mais ce n'est pas clair", poursuit Me Lenssens. "Il ne faut pas donner de faux espoirs. Initialement, il avait été annoncé que les coopérateurs récupèreraient 100% de leur argent, maintenant on parle d'un remboursement partiel. L'année passée, on mentionnait 40%, ce serait très décevant", ajoute-t-il.

L'avocat appelle désormais le gouvernement à ne communiquer que s'il a quelque chose de concret à annoncer. "Par ailleurs, les coopérateurs ne peuvent pas continuer à être mis de côté. Nous demandons une reconnaissance en tant que partenaire dans les discussions", conclut-il.