Le gouvernement Michel obtient la confiance du Parlement

Cinq jours plus tard qu’attendu et au terme d’une semaine de crispations au sein de la majorité à propos du budget 2016-2017 et de réformes, le gouvernement fédéral a obtenu ce mardi après-midi, majorité contre opposition, la confiance de la Chambre. Après 16 heures de débats houleux lundi sur la Déclaration de politique générale, prononcée exceptionnellement dimanche par le Premier ministre Charles Michel, 81 députés ont voté pour et 62 contre. Il n’y a pas eu d’abstention.

L'équipe Michel avait fini par s'accorder vendredi soir sur un budget 2016 flirtant avec la barre des 3% de déficit, un taux d'endettement au-dessus des 100% du PIB, mais des perspectives pour 2017 qui lui permettent de présenter à la Commission européenne une amélioration du solde structurel d'1,2% du PIB en 2016 et 2017- un effort estimé à quelque 3 milliards d'euros supplémentaires, et qui s'inscrit dans l'objectif du retour à l'équilibre en 2018.

Le gouvernement fédéral joint à sa copie un nouveau volet de réformes structurelles "substantielles" touchant essentiellement au marché du travail.

En revanche, des dissensions ont renvoyé la réforme de l'impôt des sociétés à un examen plus approfondi, qui portera également sur la nécessité d'une fiscalité plus équitable ainsi que d'une dynamisation de l'économie. Au cœur des tensions, le CD&V est ressorti samedi avec la confirmation d'une solution pour les 800.000 coopérateurs du bras financier du mouvement ouvrier chrétien emporté par la débâcle de Dexia.

Les démocrates-chrétiens flamands (photo: Kris Peeters) ont bloqué la négociation budgétaire durant une semaine, exigeant en vain une taxe sur les plus-values boursières encouragée par l'opposition. Mardi, le chef de groupe Ecolo-Groen Kristof Calvo a donné jusqu'à la fin du mois au CD&V pour qu'il dépose une telle proposition, faute de quoi les Verts viendront avec des textes.

Renforcer avant tout l’emploi

Dans son discours de rentrée, le Premier ministre Charles Michel (photo) a rappelé l'ambition de son équipe de renforcer l'économie et l'emploi, au service de la cohésion sociale, alors qu'une partie non négligeable de citoyens sont confrontés au risque de basculer dans la pauvreté. Il a assuré avoir préservé le pouvoir d'achat des citoyens en évitant de nouvelles taxes sur la consommation.

Mais selon l'opposition, l'incapacité du gouvernement à maîtriser le budget et les mesures de réformes structurelles entreprises ne feront qu'aggraver la tension sociale dans le monde du travail et la sécurité sociale.

Près d'un milliard d’euros d'économies ont été réalisées dans les soins de santé, a encore dénoncé l’opposition, au cours d'un débat parlementaire acéré. L'opposition craint également l'ampleur de la facture que laissera ce gouvernement à l'issue de la législature, faute d'avoir correctement financé ses réformes.