Menace d’actions contre le relèvement de l’âge de la pension des militaires

Les quatre syndicats du personnel militaire jugent "inacceptables" les décisions du gouvernement fédéral de relever progressivement l’âge de la pension des militaires de 56 à 63 ans. Ils l’ont fait savoir à la suite d’une concertation avec le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA). La mesure a été prise par l’équipe Michel lors du conclave budgétaire, sans la moindre concertation préalable, alors que le gouvernement affirmait vouloir rajeunir les effectifs militaires.

"Le gouvernement démontre ainsi qu'il ne témoigne pas du moindre respect pour l'engagement et la loyauté de nos militaires qui, tous les jours, s'investissent dans la sécurité de notre société", ont indiqué les quatre syndicats dans un rare communiqué conjoint.

"En outre, ces mesures vont à l'encontre des ambitions de l'accord gouvernemental et de la Vision stratégique de la Défense: un rajeunissement de l'armée et une carrière militaire attrayante", ont affirmé le Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP) Défense, la CSC-Services publics, la Centrale générale des Services publics (CGSP et la Centrale générale du Personnel militaire - CGPM, apolitique).

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput (photo), a informé lundi après-midi les quatre syndicats des décisions de principe concernant l'avenir des pensions militaires annoncées ce week-end par le gouvernement dans le cadre de l'établissement du budget 2017.

Les propositions formulées par Steven Vandeput comprennent notamment, au nom d'une harmonisation au sein de la Fonction publique (dont il est aussi le ministre de tutelle), le relèvement de l'âge de la pension des militaires à partir de 2017, la suppression du calcul avantageux (tantièmes) à partir de janvier 2019 et l'introduction de conditions de carrière (comme un nombre minimal d'années de service) avant de pouvoir partir à la pension.

Foto Kurt bvba

"Plus rapide que dans le civil"

Selon les syndicats, l'augmentation de l'âge de la pension serait introduite de manière progressive - mais plus rapide que l'allongement des carrières dans le civil -, pour passer de 57 ans en 2018 à 63 ans en 2030. "Sur la base de ce qui précède, on peut conclure que les militaires qui, par exemple, se trouvent aujourd'hui à 7 ans ou moins de leur pension, verront doubler le temps de service qui leur reste encore à prester, souligne le Front commun syndical du personnel de la Défense.

"Pour les jeunes militaires aussi, cela n'offre plus du tout la moindre perspective sur une carrière réaliste et attractive liée à la nature du métier militaire", dénoncent les quatre syndicats. "En tant que représentants du personnel militaire, nous trouvons inacceptables ces décisions du gouvernement. Nous attendons que tant le gouvernement que le ministre de la Défense prennent les mesures nécessaires prévoyant un régime de pension pour les militaires qui tienne la route. En tant que syndicats, nous mettrons tout en ½uvre pour restreindre ces mesures de sorte que la spécificité du métier de militaire reste reconnue", ajoute le communiqué conjoint.

"Au cours de jours et semaines à venir, nous prévoirons des actions syndicales ciblées", indiquent les quatre syndicats.

Le relèvement de l'âge à terme de la pension à 63 ans pour les militaires, une mesure "surprise" du gouvernement MR, N-VA, CD&V et Open VLD lors du conclave budgétaire, risque d'entraîner pour la Défense un coût récurrent, d'année en année estimé à au moins 100 millions d'euros, car les militaires maintenus sous les armes sont les plus âgés (et donc les plus chers), a indiqué une source informée à l'agence Belga.

"Ce qui risque de conduire la Défense à la faillite", a précisé un spécialiste du dossier, alors que ce département est par ailleurs contraint d'économiser, comme les autres ministères fédéraux, à l'exception de la Justice, 1% sur son budget annuel en 2017.