Le centre commercial Docks ouvre au canal de Bruxelles

Le premier "shopping district" à voir le jour dans la capitale depuis 35 ans ouvrira ses portes au public jeudi. En gestation depuis 10 ans, le projet Docks Bruxsel est implanté sur une ancienne friche industrielle au pont Van Praet, au nord de Bruxelles. Son coût : 210 millions d’euros. Il accueille 113 magasins et un complexe de cinéma. Pour rappel, des projets existent aussi pour un grand complexe commercial à Machelen (Brabant flamand), très controversé, qui attend encore un permis d’urbanisme.

D’après Carl Mestdagh, CEO d'Equilis, promoteur du projet, une étude socio-économique préalable a démontré dans les chiffres qu'il y avait une place pour un centre commercial à Bruxelles et en particulier dans le nord, la capitale disposant d'une offre commerciale inférieure de 30% à celle de Gand, de 50% à celle d'Anvers et de 80% à celle de Liège.

Le nouveau centre ouvert vers l'extérieur héberge 113 enseignes commerciales de tailles et de types divers, dont 41 uniques à Bruxelles, mais aussi un complexe de 8 salles de cinéma; un parc d'aventure indoor unique en Belgique, une vingtaine de restaurants, une salle d'une capacité de 1.500 places avec vue sur Bruxelles; ou encore un espace qui évoque le passé industriel du site marqué par la présence voisine du familistère de Godin.

Docks Bruxsel est accessible à la fois depuis le Boulevard Lambermont et depuis la rive droite du canal en venant du centre, mais aussi via sept modes de transport différents: deux lignes de tram rapides (7 et 3), plusieurs lignes de bus, un bateau (Waterbus), le vélo et le train. Il sera possible aussi d'y venir à pied, et en voiture (1.700 places de parking).

L'empreinte écologique n'a pas été oubliée. Espace public ouvert, le mall principal est surplombé d'une verrière fermée en période de basse température et partiellement ouverte lorsque le mercure grimpe. La température y est influencée par la chaleur qui se dégage des magasins. Le système de chauffage des différentes parties du complexe est assuré par la récupération de l'eau chaude produite par l'incinérateur tout proche.

Selon le promoteur, Docks Bruxsel est porteur de 2.000 emplois directs et indirects.

Le nouveau complexe sous les critiques

D’après la "Plate-forme interrégionale pour une politique économique durable", qui regroupe plusieurs acteurs économiques et environnementaux en vue à Bruxelles - dont notamment
l'Union des Classes moyennes, la CSC et des associations environnementales - Docks Bruxsel est composé "presque uniquement des chaînes d'enseignes, souvent internationales, qui ont d'autres points de vente à Bruxelles et ailleurs dans le pays. L'offre proposée est en concurrence directe avec l'offre commerciale existante, et donc contraire aux dispositions annoncées dans le permis socio-économique accordé par le gouvernement bruxellois".

En matière d'emplois, "seuls 500 à 600 emplois nets seront créés, sans compter la déstructuration des noyaux commerçants environnants suite au départ de ces commerces", estime la Plate-forme.

Autre critique: 65% des clients se rendront au centre commercial en voiture. Les aménagements prévus ne compensent pas le manque de clientèle captable à proximité. Docks Bruxsel sera un shopping périphérique, générateur d'un important trafic automobile accentuant la saturation de la zone, et rendant l'accès au ring encore plus difficile.

Plus largement, la Plate-forme interrégionale juge le développement de centres commerciaux en contradiction totale avec la volonté de la politique régionale bruxelloise de dynamiser les noyaux commerciaux bruxellois existants. "Il ne reste plus qu'à espérer que nos politiques se réveillent pour mettre un coup d'arrêt aux grands frères de Docks: Neo et Uplace". Le premier est envisagé au pied de l’Atomium, le second planifié à Machelen.