Décès de Lallemand, père de la loi dépénalisant l’avortement

Le ministre d’Etat socialiste francophone Roger Lallemand (photo) est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’âge de 84 ans. Il fut sénateur entre 1979 et 1999. Avec la sénatrice libérale flamande Lucienne Herman-Michielsens, il est co-auteur de la loi qui a dépénalisé partiellement l’interruption volontaire de grossesse, dès 1990. La loi Lallemand-Michielsen était adoptée alors que le roi Baudouin, inspiré par ses convictions catholiques, avait été déclaré dans "l’impossibilité de régner". Une procédure inédite.

Ami des écrivains Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, il a notamment défendu, comme avocat, Régis Debray, détenu en Bolivie pour avoir soutenu Che Guevara en 1967. Il a également été l'avocat de Willy Peers, figure du monde médical, emprisonné pour avoir été à la pointe du combat pour l'avortement en Belgique.

Roger Lallemand a été à l'initiative d'autres propositions qui ont fait évoluer les causes éthiques, notamment celles qui, portées par ses successeurs à la Haute assemblée, ont permis de dépénaliser partiellement l'euthanasie. On lui doit également une loi relative aux droits d'auteurs et aux droits voisins.

Conseiller communal à Ixelles durant 25 ans, Roger Lallemand a été brièvement président du Sénat en 1988, assemblée dans laquelle il a siégé durant vingt ans, jusqu'en 1999. Il a présidé la Fondation du Judaïsme de Belgique, été administrateur de la Ligue des droits de l'Homme et de l'Université Libre de Bruxelles.

Personnalité d'exception, il avait été fait Commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur par le président français François Mitterrand.