Luk Van Biesen minimalise ses propos racistes à la Chambre

Dans une interview accordée au quotidien De Morgen, le député libéral flamand Luk Van Biesen minimalise l’aspect raciste des propos qu’il a adressés il y a un mois à sa collègue du SP.A Meryame Kitir dans l’enceinte du parlement. "Retourne au Maroc", avait-il alors lancé. Il semble aujourd’hui que les excuses qu’il a présentées par la suite n’étaient pas tout à fait sincères.

Alors que la hache de guerre avait publiquement été enterrée et que l’incident était clos pour les deux partis flamands concernés, Luk Van Biesen revient ce samedi sur les propos qu’il a tenus il y a un mois à la Chambre.

Lors d’un débat sur les licenciements engendrés par la fermeture de Caterpillar, il aurait dit à la députée socialiste de retourner au Maroc. Dans les colonnes du Morgen, Luk Van Biesen nie une nouvelle fois les faits : "Ce n’est pas juste. Il n’y avait aucun sens raciste à cela. Je. Ne. Suis. Pas. Raciste", déclare-t-il.

"Dans son intervention, Meryame disait: ‘ces ouvriers de Caterpillar sont les plus performants au monde’. Je me suis alors dit qu’ils retrouveraient bien du travail. Mais elle a alors ajouté : ‘ils ne trouveront nulle part un emploi’. C’était une contradiction", estime Luk Van Biesen, qui aurait alors voulu terminer son raisonnement, mais qu’il a alors utilisé une mauvaise phrase.

"Si les travailleurs de Caterpillar sont si performants, ils trouveront alors du travail au Maroc, en Turquie, et dans le reste du monde. Voilà ce que j’ai dit, et c’était une bêtise".

"Van Biesen n’a rien appris de cet incident"

Meryame Kitir ne décolère pas face aux dernières déclarations de Van Biesen. "Je constate que ses excuses n’étaient pas sincères", indique-t-elle dans De Morgen. "C’est douloureux. Pas tant pour moi, mais pour tous ces gens à qui j’ai expliqué que les propos racistes dépassent les bornes, et que lorsque quelqu’un admet son erreur, il mérite une deuxième chance".

Vers une sanction de l’Open VLD ?

D’après le porte-parole de la présidente des libéraux flamand Gwendolyn Rutten, le quartier général du parti est mécontent des nouvelles déclarations de son député. "La présidente était déjà furieuse, et cela n’a pas changé", indique-t-il. D’après le quotidien De Morgen, il n’est pas exclu que Gwendolyn Rutten prenne des mesures contre Luk Van Biesen.