Schultz :"Pas de percée sur le CETA attendue cette semaine"

"Il n'y aura pas de percée cette semaine dans les négociations sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) et le sommet UE-Canada prévu jeudi devrait être reporté", a affirmé mardi le président du Parlement européen, Martin Schulz. De son côté le Canada a annoncé vouloir garder espoir de signer malgré tout le CETA.
THIERRY CHARLIER

"Je ne pense pas que nous aurons une solution cette semaine. Cela me semble très très difficile", a-t-il affirmé à la radio allemande Deutschlandfunk.

Le Premier ministre belge Charles Michel a indiqué lundi que la Belgique n'était pas en mesure de donner lundi son feu vert à la signature de ce traité en raison du blocage de plusieurs entités fédérées (Régions wallonne et bruxelloise, Fédération Wallonie-Bruxelles et CoCof).

Ce traité devait être signé jeudi lors d'une visite à Bruxelles du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

"Un tel accord commercial transatlantique, ce n'est pas comme un petit contrat pour la vente d'une voiture d'occasion, c'est un accord commercial sans précédent, d'une importance mondiale. Si vous avez besoin de quatorze autres jours (pour lever les dernières réticences), alors vous postposez le sommet", a ajouté M. Schulz.

Le Canada garde espoir

Le Canada garde "espoir" de signer jeudi à Bruxelles l'accord de libre-échange avec l'Union européenne (CETA), malgré l'actuel refus de la Wallonie, a indiqué lundi la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland.

De retour à Ottawa, après avoir constaté vendredi l'échec des discussions avec la Wallonie, la ministre a tenu un bref point de presse au Parlement. "J'ai espoir. La balle est maintenant dans le camp de l'Europe", a-t-elle dit.

"Le CETA n'est pas mort et nous travaillons d'arrache-pied" à lever le veto wallon, a-t-elle souligné, adressant ses vœux de succès aux négociateurs européens.

Les autorités européenne et canadienne n'ont toujours pas annulé le sommet prévu jeudi pour signer cet accord négocié pendant sept ans, et continuent à croire qu'une sortie de crise est possible.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau (photo), ont eu lundi un entretien téléphonique à ce sujet. "Les dirigeants ont convenu que l'Union européenne et ses pays membres devraient continuer de préparer le sommet de jeudi, où l'Accord économique et commercial global sera signé", a indiqué le bureau de M. Trudeau.

Un porte-parole du dirigeant canadien a toutefois souligné que le déplacement de M. Trudeau à Bruxelles reste "conditionnel à un accord conclu au préalable" entre la Belgique et sa région francophone, et les 28.

"Ensemble avec le Premier ministre Justin Trudeau, nous pensons que le sommet de jeudi est toujours possible", a abondé dans un tweet Donald Tusk, après son entretien avec le dirigeant canadien.
Si le Conseil européen veut croire à une issue positive rapide, la Commission, qui a négocié au nom des Etats membres, est prête à laisser du temps à la Belgique. Encore quelques semaines, selon une source européenne.