L’UE et le Canada ont signé leur accord de libre-échange

L’Union européenne et le Canada ont officiellement signé, ce dimanche à Bruxelles, leur accord de libre-échange, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau et du président du Conseil européen Donald Tusk (photo). La signature a été retardée de 3 jours à la suite des désaccords entre le gouvernement fédéral belge et les entités fédérées. Outre le CETA, un accord politique a également été signé pour une collaboration diplomatique accrue.

Retardée d’environ deux heures ce dimanche, à la suite d’un problème technique à l’avion qui amenait le Premier ministre canadien Trudeau en Belgique, la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada a finalement eu lieu vers 14h au bâtiment Juste Lipse, à Bruxelles.

L’Union européenne y était représentée par le président du Conseil européen, Donald Tusk, mais aussi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (photo, à g.), et le Premier ministre slovaque Robert Fico (photo, à dr.) - la Slovaquie assurant actuellement la présidence de l’UE. Le Premier ministre Justin Trudeau représentait le Canada.

A la traditionnelle photo de famille, qui a fait suite à la signature, se sont également joints le président du Parlement européen, Martin Schulz, la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Mais aussi le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion et la ministre au Commerce international Chrystia Freeland.

"C’est un grand jour pour le Canada et pour l’Europe", déclarait Freeland en arrivant à Bruxelles. Samedi dernier, elle avait quitté la capitale de l’Europe très déçue, alors qu’il semblait que le traité ne pourrait être signé en raison des réserves exprimées par le parlement wallon.

Le CETA, qui supprimera 99% des droits de douane entre l'UE et Ottawa, entrera en application provisoire et partielle une fois ratifié par le Parlement européen et celui du Canada, dans les prochains mois. Il devra ensuite être approuvé par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l'Union européenne pour devenir définitif.

Trudeau : "Un accord pour le progrès"

Qualifiant le CETA d’accord "qui ouvre la voie à un avenir économique à la fois plus inclusif et plus progressif", qui permettra au commerce d’augmenter de 20%, "alors que le Canada est le 12e partenaire commercial de l’UE et que l’Union est le deuxième partenaire commercial du Canada, le Premier ministre canadien Justin Trudeau (photo archives) s'est aussi dit "tout à fait content" que le CETA ait suscité de vifs débats en Wallonie, au point de retarder de trois jours sa signature officielle, "car c'est le propre de la démocratie d'être confronté à des défis".

Trudeau était interrogé après la signature sur l'attitude de la Wallonie, qui a refusé avec les autres entités francophones de Belgique, de déléguer son pouvoir de signature au gouvernement fédéral tant que ses objections et préoccupations à propos du CETA n'étaient pas rencontrées. "Je suis en faveur de la démocratie et les défis que nous avons, en tant que chefs d'Etat ou de gouvernement, c'est de mettre de l'avant les meilleures propositions pour aider nos citoyens et bâtir un monde meilleur, c'est notre responsabilité", a-t-il commenté. "Ce qui fait partie intégrante de ces défis, c'est d'avoir des voix en opposition qui nous demandent à tout moment de justifier que la décision qu'on est en train de prendre, c'est la bonne. C'est essentiel, dans une démocratie, d'avoir une multiplicité de voix qui vont partager leurs préoccupations."

Justin Trudeau a assuré que l'application provisoire du traité (dans la partie qui concerne les compétences exclusives de l'UE) serait "le travail pédagogique le plus efficace" pour convaincre la population que le CETA est bénéfique pour la classe moyenne. "La croissance économique doit être ressentie par tout le monde, et pas uniquement par les plus riches", a estimé le Premier ministre canadien.

AFP or licensors

Le président du Conseil européen, Donald Tusk (photo archives), s'est quant à lui dit "fier d'avoir signé" le traité commercial avec le Canada après avoir "surmonté différents obstacles". Il a salué "le dévouement" de nombreux acteurs, dont la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, toutes deux présentes en salle de presse. "Je remercie aussi les collègues européens: le Premier ministre belge Charles Michel, Jean-Claude Juncker, ..."

"Ce CETA a montré que les faits et les chiffres ne se suffisent pas à eux-mêmes", a reconnu M. Tusk. "La controverse autour du CETA a démontré que notre première priorité est de donner aux gens de l'information honnête et convaincante à propos des effets réels du libre-échange."