Theo Francken reçoit la visite d’un huissier

Le cabinet du Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration a reçu la visite d’un huissier, qui réclamait le paiement de l’astreinte de 4.000 euros par jour imposée à l’Etat belge pour ne pas avoir délivré un visa à une famille syrienne qui veut fuir Alep et rejoindre une famille prête à l’accueillir à Namur. Theo Francken (photo) doit déjà verser 28.000 euros à la famille.

Un couple syrien avec deux enfants (photo) qui se trouvent à Alep a demandé un visa pour rejoindre en Belgique une famille namuroise qui se chargerait de l'accueillir. Selon le Conseil du Contentieux des étrangers, la famille syrienne - qui ne veut pas avoir recours à des passeurs - a le droit d'obtenir un visa. Mais le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), refuse de l'octroyer.

Le tribunal de première instance a condamné mercredi la Belgique à une astreinte de 1.000 euros par membre de la famille et par jour, tant que la famille ne reçoit pas de visa. Theo Francken a annoncé que l'Etat belge a fait appel. "C’est un arrêt dément", déclarait-il jeudi matin dans l’émission "De Ochtend" (VRT). Selon lui, les conséquences ne sont pas négligeables et la mesure ouvre la porte à des milliers de personnes.

D’après Francken, la famille syrienne ne souhaite pas obtenir un visa humanitaire mais un visa pour un court séjour en vue de demander ensuite l'asile. "Si j'accorde un visa de trois mois, je dois le faire pour chaque Syrien, même s'il n'a aucun lien avec notre pays", a-t-il ajouté.

Le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration a ajouté que la Convention de Genève stipule que l'asile ne peut être demandé que dans le pays où se trouve physiquement la personne. Il déclare qu'il va épuiser toutes les procédures judiciaires pour obtenir gain de cause.

L’avocat de la famille syrienne veut cependant que l’astreinte soit versée à ses clients et a donc envoyé un huissier au cabinet du Secrétaire d’Etat. "Nos avocats étudient en ce moment la lettre de l’huissier", indiquait ce mardi le cabinet de Francken.

Le Secrétaire d’Etat n’a pour l’instant pas l’intention de payer l’astreinte, mais étudie si la somme peut être versée sur un compte en banque bloqué, en attendant un jugement définitif.