"Les propos de Theo Francken sont de mauvais goût"

L’Ordre des barreaux flamands (OVB) a dénoncé les propos tenus par le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), sur sa page Facebook au sujet d’une famille syrienne désirant obtenir un visa pour rejoindre notre pays. La blague, évoquant son bureau vidé par un huissier, a été prise au sérieux par la BBC qui a relaté les faits.

En début de semaine, le cabinet du secrétaire d’Etat a reçu la visite d’un huissier, qui réclamait le paiement de l’astreinte de 4.000 euros par jour imposée à l’Etat belge pour ne pas avoir délivré un visa à une famille syrienne qui veut fuir Alep et rejoindre une famille prête à l’accueillir à Namur.

Selon le Conseil du Contentieux des étrangers, la famille syrienne - qui ne veut pas avoir recours à des passeurs - a le droit d'obtenir un visa. Mais le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), refuse de l'octroyer.

"Avec ou sans meubles, nous continuons à travailler", a plaisanté hier soir Theo Francken sur sa page Facebook, sous une photo (ci-dessus) montrant un espace vide. "Mon équipe et moi pouvons d'ailleurs toujours demander asile auprès du cabinet de mon cher collègue et ami Jan Jambon". Suite aux nombreuses réactions, le secrétaire d’Etat a commenté, se référant toujours à l’histoire de l’huissier : "oui, ils ont pris mes meubles", une publication qui a mené plusieurs internautes à lui envoyer des photos de mobilier.

L’Ordre des barreaux flamands n’a pas caché sa consternation et a dénoncé le mauvais goût de sa communication : "Tout le monde a le droit de mener les procédures qu’il entend mener. C’est un droit fondamental, et une base de notre Etat de droit", a déclaré la présidente de l’OVB, Dominique Matthys. "Theo Francken représente l’autorité, et ses propos ou ses messages Facebook portent atteinte à la sérénité dans ce dossier, chose que nous déplorons particulièrement".

L’humour du secrétaire d’Etat n’a, semble-t-il, pas été capté par tout le monde. Le service public britannique BBC l’a en effet pris au sérieux, et a annoncé sur son site que Theo Francken avait été privé de ses meubles par un huissier. L’information a depuis été rectifiée.