Marks & Spencer veut quitter Bruxelles

Le détaillant britannique a fait part de son intention de fermer son seul magasin en Belgique, situé avenue de la Toison d’Or à Bruxelles et rouvert il y a seulement un an et demi, après une absence de 15 ans en Belgique. La fermeture, prévue pour le printemps 2017, met en péril 126 emplois. A l’échelle mondiale, M&S prévoit de fermer une centaine de magasins.

"Cette proposition a été élaborée en suivant l'analyse complète des 466 magasins internationaux Marks & Spencer, dans le but de dégager une vision plus claire de leurs activités actuelles et des éléments rentables", explique l'entreprise ce mardi dans un bref communiqué.

Marks & Spencer avait rouvert un magasin en Belgique en mai 2015, après avoir quitté une première fois notre pays en décembre 2001 à la suite d'une politique de recentrage sur l'Angleterre. L'inauguration de ce magasin bruxellois de 5.000 mètres carrés avait attiré la foule et s'était déroulée en présence de l'actrice belge Marie Gillain, de l'ambassadeur de Grande-Bretagne en Belgique Alison Rose et du directeur général de Marks & Spencer Marc Bolland.

Pour le personnel, l'annonce de ce mardi matin constitue un véritable choc. "C'est une surprise. On ne s'y attendait pas du tout. Les travailleurs sont décontenancés. On va voir ce que l'on va faire dans les prochaines heures", réagissait Yves Flamand, permanent au Setca.

Même si les chiffres de Marks &Spencer ne sont guère réjouissants, le responsable syndical estime que l'intention de fermeture "pose des questions". "On rouvre, on ferme, on rouvre, on ferme... Cela fait un peu gestion à court terme".

Le permanent syndical entend maintenant se mettre autour de la table pour voir si "des alternatives à la fermeture" sont possibles. Mais si la fermeture se confirme, elle pourrait intervenir vers mai/juin 2017 et menace 126 emplois.

D’après Amanda Mellor, directrice de M&S Belgique, "le magasin à Bruxelles n’a pas répondu à nos attentes depuis son ouverture. Le marché offre en outre peu de possibilités de croissances".

Restructuration plus générale chez Marks & Spencer

La fermeture probable du seul magasin belge de l'enseigne britannique s'inscrit dans un mouvement plus vaste qui voit Marks & Spencer fermer une centaine de magasins dans le monde: plus de la moitié au Royaume-Uni, le reste en Chine (10 magasins), en France (7 points de vente dont son enseigne symbole sur les Champs-Elysées à Paris) et dans huit autres pays européens (Belgique, Estonie, Hongrie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie et Slovaquie). Son seul magasin à Bruxelles et ses 126 emplois sont donc menacés.

Le groupe a annoncé dans un communiqué qu'il souhaitait fermer une soixantaine de magasins rien qu'au Royaume-Uni, d'ici cinq ans. Ces points de vente sont spécialisés dans l'habillement et l'équipement domestique, une activité peu rentable qui pèse sur ses comptes depuis des années.

Le nouveau directeur du groupe, Steve Rowe, arrivé en début d'année pour relancer l'enseigne, a souligné qu'il voulait mettre l'accent sur les produits alimentaires. M&S ouvrira ainsi quelque 200 nouveau magasins "Simply Food", donc spécialisés dans ce domaine, d'ici au printemps 2019. Dans ce pays, la vénérable enseigne cherche aussi à rattraper un certain retard dans les ventes sur internet en plein boom.

L'enseigne a assuré qu'elle conduirait dans tous ses pays les consultations appropriées avec les institutions représentatives des employés ou du monde du travail. Elle n'a pas précisé d'échéance pour ces fermetures, même si une porte-parole interrogée par l'AFP a indiqué que le processus lancé en France serait conduit à l'horizon "de 12 à 18 mois".

L'an passé, l'ensemble des magasins gérés directement par Marks & Spencer dans ces 10 pays ont perdu au total 45 millions de livres (50 millions d'euros, d'après la conversion publiée par M&S) pour un chiffre d'affaires de 171 millions de livres (190 millions d'euros). Le groupe dans son ensemble a subi une perte nette de 58 millions de livres lors du semestre achevé le 1er octobre (65 millions d'euros), contre un bénéfice net de 140,6 millions de livres (158 millions d'euros) l'an passé à période comparable.