Les Pères Augustins accusés de trafic d’êtres humains

La justice soupçonne et veut poursuivre le couvent des Pères Augustins de Gand (Flandre orientale) pour trafic d’êtres humains, travail au noir et faux en écriture. Les pères auraient fait travailler de jeunes Africains et Vietnamiens, sous le couvert d’une formation à la prêtrise au monastère, sans les payer. D’après les avocats des pères, qui confirment l’information de la VRT et des journaux de Mediahuis, la justice veut les condamner pour des pratiques qui appartiennent à la tradition de l’ordre religieux.

Le ministère public veut traduire en justice l’asbl des Pères Augustins, trois moines qui gèrent le monastère gantois dont le père abbé, et l’association Thagaste Trefpunt Augustijnen. Ils sont en effet soupçonnés de fraude sociale, de trafic d’êtres humains et de faux en écriture.

Entre 2008 et 2014, les Augustins auraient fait venir en Belgique, avec de faux papiers, une vingtaine de jeunes hommes du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire et du Vietnam, pour qu’ils puissent suivre une formation à la prêtrise.

Les jeunes hommes devaient cependant aussi travailler gratuitement à la congrégation des pères, et devaient demander l’autorisation pour pouvoir sortir du monastère.

Tradition de l’ordre religieux

D’après l’avocat Jeroen Thieren, la pratique des pères Augustins n’a rien à voir avec du trafic d’êtres humains.

"Mes clients offrent à des candidats étrangers, qui veulent entrer dans les ordres, une formation pendant laquelle ils se familiarisent à la spiritualité de la communauté et aux tâches pratiques que la communauté religieuse doit exercer. Il s’agit d’une tradition ancrée depuis longtemps, mais actuellement le ministère public y colle apparemment l’étiquette de ‘trafic d’êtres humains’ et de ‘fraude sociale’. Il s’agit d’un préjugé idéologique, davantage que d’un jugement juridique et nous nous opposerons avec force au tribunal", déclarait l’avocat à la VRT.

D’autres personnes travailleraient encore au noir au sein de la congrégation. Certaines d’entre elles seraient même en séjour illégal en Belgique. La chambre du conseil devra décider qui d’entre elles doit passer en justice.

Selon les journaux de Mediahuis, cette affaire passera devant la chambre du conseil le 23 novembre. L'enquête, liée à des perquisitions effectuées en décembre 2014 à Gand et à Louvain, a débuté après le dépôt d'une plainte à l'encontre des Pères Augustins.