Des milliers de militaires défilent à Bruxelles

Plusieurs milliers de militaires ont défilé ce mardi à Bruxelles pour protester contre la réforme de leur régime de pension. Le cortège a été brièvement perturbé par des altercations avec la police. Autre fait marquant: un général-major a dénoncé sur Facebook la décision du gouvernement de prolonger la carrière des militaires, une décision qui, selon lui, met la sécurité du pays en danger.

Lors de l'établissement du budget 2017 le mois dernier, l'équipe Michel a décidé de relever progressivement l'âge du départ à la retraite des militaires, de supprimer le calcul avantageux (tantièmes) à partir de janvier 2019 et d'introduire des conditions de carrière (comme un nombre minimal d'années de service) avant de pouvoir partir à la pension. En 2030, l'âge de départ à la retraite sera de 63 ans, contre 56 ans actuellement.

Ce mardi, des milliers de militaires, des membres de leur famille, et même des policiers sont descendus dans la rue pour protester contre la mesure. Habituellement, les militaires n’ont, de par leur statut, pas le droit de faire grève. Ils ont toutefois pu manifester aujourd’hui car c’est la Fête du Roi, un jour férié pour les soldats. Leur dernière action de grogne date de 2009.

Citrons et altercations

Les protestataires se sont arrêtés sur la Petite Ceinture, à hauteur de la rue Lambermont qui abrite le cabinet du ministre de la Défense et de légers incidents ont éclaté. De nombreux citrons (le symbole de la manifestation étant celui du citron pressé), des gamelles vides et divers objets ont été lancés en direction des forces de l'ordre. Face à la tentative des militaires de forcer le barrage établi par la police fédérale, une autopompe est entrée en action à trois reprises et des renforts de policiers casqués ont repoussé les manifestants.

Ceux-ci ont quitté les environs vers 14h30 pour se rendre vers l'Albertine où la dispersion doit avoir lieu. Après un face-à-face parfois tendu avec la police fédérale, les derniers manifestants ont - tout comme ceux qui étaient à la tête du cortège - serré la main des policiers avant de partir.

A leur départ, la rue Lambermont portait les stigmates de cette manifestation inhabituelle pour les militaires et était jonchée de détritus allant des citrons aux fumigènes en passant par les canettes et les gamelles vides.

Le ministre Vandeput ne veut pas faire de promesses

Le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA), a rencontré les quatre syndicats représentatifs des militaires. Il a souligné dans un communiqué qu'il ferait tout ce qu'il peut "pour donner au département et à ses collaborateurs l'avenir qu'ils méritent", tout en ajoutant qu'il ne souhaitait "pas faire des promesses qu'il n'est pas à même de réaliser".

M. Vandeput a qualifié la présence de 8.500 militaires dans les rues de "signal très important" et précisé qu'il demanderait "à son collègue des Pensions, Daniel Bacquelaine, d'entamer cette année encore le dialogue social et de garder à l'esprit la spécificité de la profession militaire".

"Les missions des militaires mises en péril"

La décision du gouvernement de prolonger la carrière des militaires à partir de 2018, met la sécurité de notre pays en danger, dénonce le général-major Jean-Paul Deconinck. Ce dernier s'exprime sous couvert d'anonymat sur la page Facebook de la composante Terre de la Défense (Belgian Army @landcomponent), rapporte mardi VRT Nieuws, qui a identifié l'auteur du message.

Jean-Paul Deconinck fait part de son soutien aux militaires qui ont participé ce mardi à la manifestation.

Le général-major souligne par ailleurs que "les mesures envisagées par le Gouvernement en matière de pensions des militaires, sont symboliques. Elles ne touchent qu'une frange de la population belge, soi-disant privilégiée par rapport au reste des citoyens. Leur impact n'aura aucun effet sur le budget fédéral.

Il est également convaincu que le corps militaire, "par manque de budget et par manque de jeunes", ne sera pas en mesure d'assurer ses missions de sécurité et défense.