De Decker en congé de toutes ses fonctions au sein du MR

L’ancien président du Sénat "se met en congé de toutes ses fonctions internes au sein du Mouvement Réformateur et, de ce fait, ne s’exprime plus au nom du MR", indiquait un communiqué dimanche soir à l’issue de son audition par le président du Conseil des Conciliation et d’Arbitrage du MR, François-Xavier de Donnea. Une concertation a eu lieu vace le président du MR, Olivier Chastel. En cause, les interventions présumées d’Armand De Decker dans le dossier Chodiev, ayant permis l’extinction des poursuites judiciaires en Belgique à l’égard du milliardaire kazakhe.

Par ailleurs, le président du Conseil de Conciliation et d'Arbitrage a invité Armand De Decker à "introduire une demande d'avis confidentiel à la Commission fédérale de déontologie sur le caractère déontologique de ses interventions" dans le dossier Chodiev qui agite le Landerneau après de présumées interventions de tiers permettant l'extinction des poursuites judiciaires en Belgique à l'égard du milliardaire kazakhe Patokh Chodiev.

Pour rappel, un e-mail de J.F. Etienne de Rosaies - ancien conseiller de l’ex-président français Nicolas Sarkozy - confirmait en juin 2011 que l’ancien ministre De Decker a été impliqué dans l’approbation de la proposition transactionnelle (proposition d’extinction de l’action publique par le paiement d’une somme d’argent) qui a profité au richissime homme d’affaires belgo-kazakhe Chodiev. De Decker aurait "sensibilisé" trois (anciens) ministres à ce sujet : Stefaan De Clerck (CD&V), Didier Reynders (MR) et Steven Vanackere (CD&V).

Le président du Conseil des Conciliation et d’Arbitrage du MR a rappelé qu'en cas d'"inculpation" ou de "levée d'immunité parlementaire", les mandataires MR se sont engagés à "se mettre en congé ou à démissionner de leurs mandats". Le nom d’Armand. De Decker est régulièrement cité au cœur de cette affaire. Une information judiciaire est sur le point de se terminer en Belgique.

Le ministre d'Etat, qui s'est toujours défendu des faits qui lui sont reprochés, n'a pas été inculpé et conserve sa fonction de député bruxellois et de bourgmestre d'Uccle. Il renonce à la présidence de la section MR d'Uccle à laquelle il ne sera plus candidat lors des élections au renouvellement le 10 décembre prochain. Il ne sera plus non plus membre du comité directeur de la régionale bruxelloise du MR, dirigé par Didier Reynders, et plus non plus membre du Conseil du MR et du Conseil de Conciliation et d'Arbitrage.

Lors de son audition, il a été rappelé que le principe de séparation des pouvoirs devait être préservé en toute circonstance et qu'il convenait de laisser la justice faire son travail. Les décisions prises dimanche l'ont été "vu la tempête médiatique qui entoure l'affaire 'Chodiev'", selon le communiqué du MR.

Le président du MR Olivier Chastel a accueilli "avec satisfaction" la décision intervenue dimanche. Rappelant l'importance de "la présomption d'innocence", il a dit espérer disposer rapidement d'informations fiables sur ce dossier, la procédure d'information touchant à son terme comme l'a annoncé le ministre de la Justice Koen Geens.

Pour le MR, il est aussi très important que "le Parlement fédéral fasse toute la lumière sur cette affaire, par le biais d'une commission d'enquête", a-t-il dit. Olivier Chastel a insisté sur l'exigence de "probité" qu'il requiert dans le chef de l'ensemble des mandataires du Mouvement Réformateur. "Il a donc été rappelé à Armand De Decker que conformément au code de bonne conduite des mandataires MR, en cas de procédure pénale les concernant ou de levée de leur immunité, les mandataires du Mouvement Réformateur s'engagent à démissionner de leurs mandats", a souligné Chastel.