Perquisition chez un journaliste de la VRT

Des enquêteurs de la police fédérale ont mené une perquisition mercredi après-midi au domicile bruxellois du journaliste Bart Aerts, qui travaille pour le programme Terzake de la chaîne de télévision Canvas (VRT). Son ordinateur a été fouillé et son téléphone saisi à la suite de fuites dans l’affaire de l’assassinat du châtelain de Wingene. Aerts a été emmené pour audition à Bruges. Tant la télévision publique VRT que l’Association flamande des journalistes s’insurgent contre cette "violation flagrante du secret des sources" d’un journaliste.

L'action de la police fédérale fait suite à des fuites dans la presse autour de cette affaire d'assassinat au château de Wingene. Dans l'émission "Terzake" du 17 novembre dernier, des extraits d'écoutes téléphoniques provenant de l'enquête ont en effet été diffusées et expliqués par le journaliste Bart Aerts. Ils révélaient que la famille de la victime, Stijn Saelens (photo), avait cherché à entrer en contact avec le parquet de Bruges et des magistrats.

La VRT dénonce cette manière de travailler de la police et de la justice. La VRT a exigé la remise du téléphone, dans une requête adressée au juge d'instruction de Bruges. La saisie de l'appareil est, selon la VRT, "non seulement une atteinte flagrante à la loi sur le secret des sources, mais elle nuit également au travail des journalistes impliqués".

Mardi soir, le juge d'instruction avait placé Peter Gyselbrecht sous mandat d'arrêt après avoir transmis à la VRT les enregistrements téléphoniques. En 2012, il avait déjà passé un peu moins de sept mois en prison pour son implication supposée dans l'assassinat du châtelain.

"Violation flagrante du secret des sources"

De son côté, le secrétaire national de l’Association flamande des journalistes (VVJ), Pol Deltour, estime que les perquisitions effectuées chez Bart Aerts (photo) sont "hallucinantes". "C'est une violation flagrante de la loi de 2015 sur la protection des sources journalistiques". La VVJ interpellera à ce propos le ministre de la Justice, Koen Geens.

La saisie du téléphone mobile du journaliste de la VRT va permettre d'extraire toutes ses communications, "en ce compris avec ses sources confidentielles", déplore jeudi Pol Deltour. "Les journalistes ont droit à la protection de leurs sources confidentielles. La loi est très claire."

La VRT a déjà exigé la remise du téléphone. "Sans son téléphone, le journaliste est techniquement sans travail. Le dommage est énorme pour Bart Aerts. Qui parmi ses sources confidentielles voudra encore le contacter?", s'inquiète le secrétaire national de la VVJ.