La Défense veut privatiser certains secteurs de l’armée

Le ministère de la Défense entend privatiser plusieurs secteurs au sein de l'armée, notamment l'horeca, la logistique ou l'informatique. Des projets pilotes dans cette perspective seront lancés dans le courant de l'année prochaine, notamment à à Heverlee, Elsenborn et à l'École royale militaire de Bruxelles. Selon les syndicats militaires, ces plans hypothèquent toutefois les perspectives d'avenir des militaires, qui avec le relèvement de l'âge effectif de départ à la retraite devront travailler plus longtemps.

"Au cours de la première moitié de 2017, trois millions d'euros seront affectés à des projets pilotes en matière d'outsourcing", a indiqué le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) en commission de la Chambre.

Au micro de la RTBF, la porte-parole du ministre a précisé que la mesure concernerait notamment les métiers de cuisine, de l’horeca, et la protection des casernes. Elle a en outre assuré qu’aucun militaire ne serait licencié.

Inquiétude des syndicats

Les syndicats s'inquiètent de ces mesures. Selon une lettre d'information du SLFP-Défense du 5 décembre, quelque 5.000 équivalents temps plein sont menacés par le recours à la sous-traitance.

Le gouvernement a décidé à la mi-décembre de relever l'âge de départ à la retraite des militaires afin d'harmoniser les départs en pension de l'ensemble de la fonction publique. Dans un tel contexte, le lancement en 2017 de plusieurs projets pilotes de privatisation, rapporté samedi par La Dernière Heure, est jugé problématique par la CGPM.

"Ce relèvement de l'âge de la pension devrait aller de pair avec un travail viable", a souligné Huwaert. "Mais avec sa volonté de privatiser certaines fonctions, le gouvernement hypothèque les chances des militaires plus âgés d'exercer un travail viable."

Forte tension

En novembre dernier, plusieurs milliers de militaires étaient descendus dans la rue en sacrifiant l'un de leurs jours de congé afin de manifester contre le relèvement de l'âge de la pension pour les membres des forces armées. "La tension est à son comble depuis la mi-octobre. Rien ne doit venir s'ajouter. La motivation est au niveau le plus bas. (...) On a déjà reçu un véritable coup de massue et cela continue de s'accumuler."