Prison et interdiction à vie de conduire pour le chauffard de Vilvorde

Le tribunal de police de Vilvorde (Brabant flamand) a condamné ce lundi à 5 ans de prison, dont 10 mois avec sursis, une amende de 6.000 euros et une interdiction à vie de conduire le jeune homme de 21 ans qui, en octobre 2015, avait fauché une fillette de 12 ans rentrant de l’école à vélo. Merel De Prins n’avait pas survécu à ses blessures. Le coupable, qui avait pris la fuite après l’accident jusqu’en Hongrie, n’avait pas de permis de conduire valable au moment des faits.

En octobre 2015, le Schaerbeekois de 21 ans avait renversé à Vilvorde la fillette de 12 ans, qui n'avait pas survécu à ses blessures. L'arrestation immédiate du chauffard a été demandée. L'accident s'était produit au carrefour des rues Jean François Willems et Radiatoren. La jeune fille avait été renversée par une voiture en traversant la route à vélo sur une piste cyclable. Le conducteur du véhicule avait ensuite pris la fuite. Grièvement blessée, la victime avait été transportée à l'hôpital, où elle avait succombé à ses blessures dans le courant de la soirée.

La voiture impliquée dans l'accident avait pu être repérée le jour-même sur des images de vidéosurveillance. Activement recherché, son conducteur avait fui à l'étranger puis s'était finalement rendu, le 2 novembre, à la police locale de Vilvorde-Machelen. Bien que le suspect n'ait jamais obtenu son permis de conduire, il avait été condamné à sept reprises par le tribunal de police pour conduite sans permis et/ou sans assurance ou documents.

Au moment de l'accident, il était en outre sous le coup d'une déchéance du droit de conduire. Selon l'expert désigné, l'homme roulait à 85 km/h alors qu'il circulait en zone urbaine et a fait une mauvaise manœuvre d'évitement. Son véhicule n'était pas assuré.

De lourdes peines réclamées

Le tribunal s'est montré très peu compréhensif avec l'attitude du chauffard. "Il est inacceptable qu'il se soit encore retrouvé derrière un volant malgré le fait qu'il n'avait pas de permis de conduire et qu'il avait écopé d'une interdiction de conduire", estime-t-il, s'étonnant également que personne dans l'entourage du Schaerbeekois ne soit intervenu.

Celui-ci a assuré avoir paniqué après les faits, raison pour laquelle il ne s'est pas arrêté. Une version que ne croit pas le tribunal. "Après l'accident, il a foncé à travers Vilvorde, a mis sa voiture sur un camion vers la Hongrie et a détruit la carte-sim de son GSM. Cela démontre une tentative raisonnée de rester inconnu et d'échapper à toute poursuite. Ce comportement est typique de son attitude, où il échappe à toute responsabilité et ne se soucie que de lui-même. Aucune personne sensée ne laisse un enfant mourant dans le pétrin."

Le jeune chauffard a en réalité écopé de deux ans et six mois de prison, dont six avec sursis, d'une amende de 3.000 euros et d'une interdiction de conduire de cinq ans pour avoir renversé la fillette. Viennent s'y ajouter, d'une part, six mois de prison et 1.200 euros d'amende pour s'être déplacé dans un véhicule non assuré et, d'autre part, deux ans de prison, dont quatre avec sursis, une amende de 2.400 euros et une interdiction à vie de conduire pour le délit de fuite.

Un coupable peu crédible

Le parquet de Hal-Vilvorde a demandé l'arrestation immédiate de l'homme, qui a encore tenté d'exprimer ses regrets. "Je sais que j'ai commis une faute et je suis ici pour prendre mes responsabilités. Je n'ai pas fait cela intentionnellement, j'ai été pris de panique. J'ai écrit une lettre avec mes excuses aux parents de cette petite fille et j'ai toujours respecté les conditions de ma libération provisoire."

Le tribunal a cependant accédé à la requête du parquet, notamment parce que le chauffard avait pris la fuite après l'accident et n'avait pas respecté ses précédentes condamnations. "Il est difficile de croire qu'il va maintenant effectivement prendre ses responsabilités", a conclu le juge.

Les parents de Merel De Prins ne croient pas que le jeune homme ait vraiment éprouvé des regrets. "Ce sont les mots écrits par son avocat qu’il a prononcés", estimait la maman de la jeune adolescente fauchée.

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