Attentats : "La Belgique n’a absolument pas échoué"

"De tous les pays d’Europe, la Belgique est le plus actif dans la lutte contre le terrorisme", estime le directeur du service de police européen Europol, s’inscrivant ainsi en faux contre des affirmations qui ont suivi les attentats de Paris. Selon certains, la Belgique a failli dans le lutte contre le terrorisme. Rob Wainwright (photo archives) s’exprimait mercredi devant la Commission d’enquête sur les attentats du 22 mars. Il a salué l'implication et les efforts belges dans l'échange d'informations.
AP 2016

"Beaucoup de choses ont été dites dans la presse. Je pense que les critiques adressées à la Belgique à l'époque n'étaient pas fondées. Dire que la Belgique est un État qui a échoué n'est absolument pas vrai", a déclaré mercredi Rob Wainwright devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats terroristes.

En quelques années, alors que la menace terroriste s'accroissait, les échanges d'informations entre les pays membres d'Europol ont été multipliés par dix. La Belgique a été l'un des pays qui ont le plus alimenté la banque de données de la plate-forme de coopération policière européenne. Elle a aussi été à l'initiative d'une plus grande coordination par le biais d'Europol, particulièrement dans les investigations sur le financement du terrorisme.

Un sentiment partagé par le responsable de la lutte contre le terrorisme d'Interpol, le Belge Patrick Stevens. "La Belgique est une très bonne élève", a-t-il affirmé, insistant autant sur l'alimentation de la banque de données internationale et que sur sa consultation.

La Belgique bonne élève

Europol ne disposait pas d'informations sur les suspects des attentats en Belgique avant qu'ils ne soient commis. Depuis lors, les activités des suspects ont été analysées. "On a pu identifier d'autres liens avec d'autres pays", a déclaré Rob Wainwright sans donner d'autres détails.

La coopération entre les pays européens s'est accrue. Il a toutefois fallu attendre janvier 2016 et une décision du Conseil européen Justice et Affaires intérieures pour créer un centre de lutte contre le terrorisme au sein d'Europol. Certains écueils subsistent encore. Wainwright a épinglé l'absence de connexion entre la banque de données Schengen et celle d'Europol. Il s'agit d'un choix politique, mais les esprits ont évolué depuis les attentats et le problème devrait être résolu bientôt.

Le patron d'Europol ne souscrit en revanche pas à l'idée d'un FBI ou d'une CIA européens. "Je pense que ce n'est pas nécessaire. On ne parle pas des Etats-Unis ici", a-t-il dit. Qui plus est, les traités européens ne le permettent pas. "S'il n'y a pas de volonté politique de faire une agence de renseignement européenne, il n'y en aura pas", a-t-il précisé.

Les plus consultés