Jan Jambon : "Beaucoup de bruit pour rien"

Selon le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) le fait que son président de parti Bart De Wever ait assisté à une réunion de crise après les attentats du 22 mars ne constitue pas une faute. "Aucune information classifiée n’a été échangée lors de cette réunion. L'opposition fait donc beaucoup de bruit pour rien" a ajouté Jan Jambon.

On a appris ce week-end que le président de la N-VA Bart de Wever était présent le 23 mars dernier, à une réunion de crise qui avait lieu au cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon au lendemain des attentats à Zaventem et à la station de métro Maelbeek.

Cette rencontre qui réunissait les hauts responsables de la police, avait pour cadre les ratés dans la transmission des informations entre la Turquie et la Belgique, relativement à l'arrestation en juin 2015 d'Ibrahim El Bakraoui, le futur kamikaze de l'aéroport de Zaventem, à Gaziantep, ville voisine de la frontière syrienne.

Selon ses propres dires, Jan Jambon pensait qu’il allait devoir présenter sa démission et aurait cru bon de faire participer Bart De Wever à la discussion.

Aucune information classifiée

Cette affaire a suscité de nombreuses critiques de la part de l’opposition. Parmi les critiques les plus sévères, Laurette Onkelinx (PS) reproche à Jan Jambon d’avoir violé le secret de l’instruction. "Le procureur général devrait évidemment ouvrir une enquête contre le ministre de l’Intérieur", a déclaré la chef de groupe socialiste de la Chambre.

"Que sait Mme Onkelinx de ce qu'il s'est passé là-bas? Selon mes informations, ce n'est un fait punissable que si des informations classifiées sont échangées. Des informations classifiées ne peuvent être communiquées qu'à des personnes disposant d'une habilitation de sécurité.

"Mais je peux vous le jurer avec la main sur le cœur  : aucune information qualifiée n’a été échangée. Toutes les informations données ce jour-là ont été ensuite communiquées en commission. C’est donc beaucoup de bruit pour rien" a ajouté Jan Jambon à la VRT.

Jan Jambon est attendu cet après-midi à la Chambre. Vu la polémique du week-end, il devra retracer le déroulement exact de la journée du 23 mars et s’expliquer sur la présence de son président de parti à cette réunion avec les plus hautes autorités policières du pays.

Bart De Wever : "De quoi parle-t-on?"

Quant à Bart De Wever, il a dénoncé l'attitude de l'opposition et rappelé le contexte dans lequel a eu lieu cette réunion.

"N'ont-ils rien d'autre à faire? S'ils trouvent qu'une infraction a été commise, ils doivent déposer une plainte. En tant qu'opposition, je choisirais un autre thème pour jouer des petits jeux politiques, mais c'est à eux de choisir. Je trouve cela inutile. Bon Dieu, des attentats terribles ont été commis, un ministre est sur le point de donner sa démission. De quoi parle-t-on?"