Les petits partis flamands, champions des réseaux sociaux

Dans l’optique de la campagne électorale de 2018, les partis flamands planchent sur leur stratégie de communication sur les réseaux sociaux. Fait marquant : les petites formations, telles que Groen, le PTB et le Vlaams Belang, dépassent certains partis traditionnels comme l'Open VLD et le CD&V.
AFP or licensors

“Il est révolu le temps où les partis avaient beaucoup de membres. Ils en perdent d'ailleurs depuis des décennies. Le niveau de confiance dans la politique est également très bas. Avec Internet, il existe un énorme potentiel en matière d’interactivité et de contact direct entre partis et électeurs”, a expliqué jeudi Sofie Mariën, professeure de sciences politiques à la KU Leuven, sur le plateau de Terzake (VRT).

On constate que le nombre de likes sur Facebook n'est pas forcément représentatif des dernière élections. Le Vlaams Belang (VB) et Groen occupent respectivement les 2ème et 3ème positions, derrière la N-VA. À noter également : le PTB fait mieux que l'Open VLD et le CD&V.

Attentats de Bruxelles = boost pour le VB

“En raison du cordon sanitaire, nous avons décidé de miser sur les réseaux sociaux il y a un peu plus d’un an. On peut ainsi atteindre rapidement, facilement et directement les électeurs”, indique Bart Claes, responsable des réseaux sociaux du VB. Sur Facebook, le parti d'extrême droite a d’ailleurs connu une envolée de son nombre de fans après les attentats de Bruxelles grâce à sa campagne “fermez les frontières”, partagée plus de 16 000 fois.

Pour sa part, le CD&V explique son score moyen par le fait que ses responsables se concentrent davantage sur l’ancrage local. “Nous incitons les équipes locales à créer leur propre page”, assure Lien De Vos, responsable des réseaux sociaux.

La N-VA refuse, quant à elle, de dévoiler sa stratégie, mais au sein du plus grand parti de Belgique, on entend dire que les réseaux sociaux sont l’enjeu majeur des prochaines élections. La formation de Bart De Wever crée d'ailleurs ses propres vidéos mettant en avant ses figures de proue. 

“Le fait que la N-VA ne veuille pas communiquer sur sa stratégie signifie qu’ils sont beaucoup plus actifs sur le plan stratégique. Alors que le Vlaams Belang est plutôt dans une phase où ils veulent montrer leur implication sur les réseaux sociaux”, analyse Sofie Mariën.

La politologue constate que, lors de la campagne de 2014, les partis communiquaient davantage d’informations, mais n’avaient que très peu d’interactions: “L’interaction est très importante : plutôt que de se concentrer sur le nombre de likes, mieux vaut observer comment on réagit en ligne.”

Classement du nombre de likes sur Facebook :

1. N-VA : 69.668
2. Vlaams Belang : 58.593
3. Groen : 55.423
4. Sp.a : 34.413
5. PTB : 18.205
6. Open VLD : 13.257
7. CD&V : 9.689