Au moins six attentats déjoués depuis 2014

"La Belgique a déjoué au moins six attentats en deux ans", affirme mardi le patron de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, Eric Jacobs, dans un entretien accordé mardi à La Dernière Heure et De Tijd. "Avec l’augmentation du nombre de nationalités dans la capitale, la lutte contre le terrorisme est allée crescendo d’année en année. Mais la police reçoit de plus en plus d'informations de la part de la population."

"Je peux vous annoncer, en concertation avec l'OCAM, qu'en deux ans, depuis novembre 2014 précisément, nous avons pu déjouer pas moins de six attentats! Et ce en étroite collaboration avec les services de renseignement", affirme le directeur de la police judiciaire.

"Il est bien sûr difficile de définir quand vous avez vraiment déjoué un attentat. Vous avez différents degrés de certitude sur ce qui va se passer." Les plans de la cellule de Verviers - qui a été démantelée en début 2015 - par exemple, étaient déjà bien avancés".

Les attentats déjoués ne sont pas seulement le fait de loups solitaires, des réseaux se sont aussi formés. Chaque fois la police identifie le même type de profil : "Ce sont souvent de petits criminels mal intégrés dans notre société. Pour eux l’idéologie de Daesh est attirante » explique Eric Jacobs. Mais Daesh n’est pas la seule menace, il y a aussi du terrorisme lié à d’autres pays.
Il ajoute qu'un des plus gros problèmes pour ses services est le traitement de l'information brute. "Nous faisons face depuis les attentats de Bruxelles à un flux important d'infos. Les signalements parviennent beaucoup plus qu'avant. Nous recevons jusqu'à 600 informations par jour".
Selon celui qui dirige l'unité anti-terroriste, il n'y a pas eu assez d'anticipation en Belgique. "Nous sommes donc dans une phase où il faut rattraper le retard. En attendant d'avoir plus de capacités, il faut mettre des priorités". Elle sont dès lors évaluées chaque jour. "Vu l'augmentation du volume de dossiers, 45 % des effectifs de toute la PJF de Bruxelles est mobilisé pour des dossiers de terrorisme".

Il semble évident au directeur judiciaire qu'il faudra continuer à renforcer les services de police, ne prévoyant pas que la charge de travail diminue.