Didier Reynders rencontre son homologue australienne à Sydney

Des enjeux communs à la Belgique et à l'Australie, particulièrement l'immigration, ont été abordés lors d'un déjeuner de travail entre les ministres des Affaires étrangères belge, Didier Reynders, et australien, Julie Bishop, mercredi à Sydney.

Les échanges ont porté sur "des enjeux globaux que l'on partage comme les problèmes de sécurité, de terrorisme international et un vrai débat sur l'immigration", a expliqué le ministre Reynders (MR) à l'Agence Belga au sortir de la réunion.

Le chef de la diplomatie belge est d'avis que les deux parties ont intérêt à échanger sur leurs pratiques en matière d'asile, et notamment sur la manière dont chacune peut assumer sa part.

Didier Reynders aborde le phénomène migratoire sous deux volets. D'une part, "les réfugiés qu'on doit accueillir, en Australie, comme en Europe, au Canada, aux USA (...), la plupart des pays développés doivent prendre leur part dans cet accueil", assure-t-il. Et d'autre part, la migration économique au sujet de laquelle le ministre constate que "dans le monde anglo-saxon, on a une sorte d'immigration choisie par le pays d'accueil.

En Europe on a encore beaucoup de difficultés à oser travailler sur le sujet, je suis convaincu qu'on va devoir le faire".

Le ministre estime donc qu'il y a un double débat à mener, - "un débat particulièrement présent en Australie" - sur "comment accueillir de façon plus ouverte les gens persécutés chez eux, mais comment aussi ouvrir la discussion sur une migration économique. Ne pas donner cette fausse idée qu'on ferme les frontières mais ne pas non plus refuser de regarder la réalité en face."

Le gouvernent de Canberra applique une politique d'asile très stricte de refoulement des bateaux de migrants et d'accueil des demandeurs d'asile dans des centres de rétention installés sur les îles du Pacifique comme à Nauru ou Manus Island, où un peu plus d'un millier de personnes attendent que leur demande d'asile soit traitée, suscitant la critique de groupes de défense des droits de l'homme et de l'ONU.

"Il y a, c'est vrai, beaucoup de questions sur la façon dont un certain nombre de migrants sont cantonnés sur des îles, la façon dont on repousse des bateaux vers les eaux territoriales, c'est un débat que l'on doit avoir. Mais en se rendant bien compte que c'est une situation qui n'est pas aussi dramatique qu'en Europe", commente le ministre.

"Quand on a un oeil critique sur ce qu'il se passe en Australie ou aux Etats-Unis, on doit assumer le fait que la Hongrie, Lampedusa ou les îles grecques font partie de l'Europe. Quand on parle avec les Australiens, ils nous parlent de l'Europe, des morts en Méditerranée. Parfois j'ai l'impression qu'à Bruxelles, on a le sentiment qu'on n'est pas vraiment responsable, que ce n'est pas vraiment chez nous. Mais si, c'est l'Europe." Le ministre invite donc à "ne pas incriminer et pointer les situations des autres".

Le ministre approfondira le sujet de l'immigration jeudi sous l'angle de l'intégration. Il rencontrera le ministre chargé du multiculturalisme dans l'Etat de Nouvelle Galles du Sud et visitera un centre de services de réinstallation de migrants dans la périphérie de Sydney.