Rétro 2016: une année houleuse pour Van Overtveldt

Dans sa rétrospective 2016, l’émission politique Villa Politica (VRT) a retracé les débats importants au Parlement belge. Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), a essuyé de vives critiques de la part de l’opposition.

Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, n’a pas réussi à imposer la réduction des impôts sur les sociétés en 2016. Il a également fait l’objet de critiques lors des contrôles budgétaires et la Commission européenne s’inquiète de la situation en Belgique.

Impôt des sociétés : toujours en discussion

Début février, le ministre des Finances a plaidé de manière inattendue pour une réduction de l’impôt des sociétés. Une proposition qui ne figurait pas dans l’accord de gouvernement, mais qui a soulevé de nombreuses questions.

Lors de la séance plénière du 4 février, le président de la commission des Finances, Eric Van Rompuy (CD&V), a interrogé le ministre sur les implications budgétaires de cette mesure : “Sans concertation avec les partis de la majorité au Parlement et avec le gouvernement, comment va-t-on la financer ? […] Nous devons atteindre l’équilibre budgétaire en 2018. Nous sommes maintenant à 11 milliards et nous devons arriver à 0. Le déficit budgétaire est plus élevé qu’en 2013 !” Les députés de l’opposition ont applaudi.

Le ministre a défendu avec ardeur son projet : “J’ai effectivement mis cette proposition sur la table, mais ce n’est pas une idée gratuite, il s’agit d’une nécessité […] on ne peut pas attendre des mois ou des années, […] sinon nous allons créer un problème budgétaire gigantesque”.

Déficits budgétaires à répétition

Un mois plus tard, on apprend que le déficit budgétaire est plus élevé que prévu : le gouvernement doit encore trouver 2 milliards d’euros. Lors de la séance plénière du 10 mars, Meryame Kitir (Sp.a) a déclaré : “L’opposition, Eric Van Rompuy et la Cour des Comptes vous ont tous mis en garde. Tour à tour, vous n’avez pas pris en compte ces avertissements. […] Prenez vos responsabilités !”

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a ensuite pris la défense de son ministre : “En quelques mois, nous avons pris des mesures cruciales pour l’avenir, nous devons attendre que ces mesures produisent leurs effets. Nous agissons et nous allons réussir”. Selon Eric Van Rompuy, le ministre a été trop optimiste en matière d’impôts sur le capital.

À la mi-octobre, rebelote. Le gouvernement fédéral a effectué un nouvel effort budgétaire d’environ 3 milliards d’euros.

La Commission européenne s’inquiète

Le 16 novembre, la Commission européenne a publié son pacte de stabilité et de croissance dont l’objectif est de voir si chaque pays respecte ses engagements budgétaires. Il en ressort que la Belgique présente "un risque de non-conformité". En vertu de ce pacte, chaque État membre ne doit en théorie pas avoir un déficit budgétaire supérieur à 3 % et la dette publique ne doit pas excéder 60 % du PIB. Or l’exécutif européen estime que le déficit budgétaire atteint 3 % en 2016 et la dette belge représente environ 107 %.

Le lendemain, à la Chambre, le chef de file de Groen, Kristof Calvo, a vivement critiqué le ministre des Finances en citant l’un des articles que l’Anversois avait écrit quand il était encore rédacteur en chef du magazine Trends-Tendances. “Je vous cite en 2012 […] : en matière de budget, les personnes qui reportent tout à plus tard ont leur place en prison et pas dans la rue de la loi. Vous êtes-vous inscrit à la prison ?”

Le jour même, sur le plateau de Van Gils & Gasten (VRT), Johan Van Overtveldt a avoué que la Belgique n’atteignait pas les objectifs européens et que les recettes avaient été surestimées depuis des années. “Si vous devez estimer plus de 100 milliards euros, vous êtes toujours à côté. [...] Pour 2017, nous avons prévu plus de 700 millions d’euros de marge de sécurité et nous allons très rapidement changer de méthodique”, s’est-il défendu.